沖縄、毒島 (Okinawa, gare au poison!)

Naha panel

Il est temps de mettre le pied sur la dernière grande île japonaise que je n’avais pas encore visitée. Je prends donc directement l’avion de Séoul pour Naha, la préfecture régionale d’Okinawa. Notez qu’Okinawa est très loin de l’île principale du Japon, quelques 1500 km au sud.

Okinawa est un endroit stratégique militairement parlant en Asie : il y a des bases américaines et japonaises. On est donc pas surpris de croiser des hélicoptères ou des avions de combats au milieu des hangars sur les lesquels on peut lire « forces aériennes d’autodéfense »… tout ça à quelques centaines de mètres du terminal civil !

Seul transport non routier existant à Okinawa, le tram aérien parcourt la ville de Naha avec une bonne fréquence. Très en hauteur, il est très amusant à prendre car il donne une vue agréable sur les alentours. Remarquez que les conducteurs d’Okinawa ne portent pas d’uniforme, mais une chemise à fleurs.

Naha bus

Le lendemain, je me rends à American Village, endroit « branché » de la côte ouest. Il n’y a pas de voie ferrée à Okinawa, il faut donc tout faire en bus si on veut sortir de Naha. Je cherche en vain le terminal de bus. On me dit qu’il est à l’endroit des travaux. Et Effectivement, quelques arrêts ont été posés à l’arrache juste devant les travaux du nouveau terminal.

Naha spider

Plus inquiétant que les bus bordéliques, cette affiche posée à la hâte sur l’office de reseignements : « Attention, araignée venimeuse d’environ 1cm. Ne l’approchez pas si vous la voyez ». Mais… mais… JE LA VERRAI PAS SI ELLE FAIT QU’UN CENTIMETRE !!!! En plus, l’affiche ne dit absolument rien sur son habitat naturel. On la trouve où ? Dans les mangroves ? Sur les plages ? Dans la ville ? Derrière moi !!??

Naha snake

La quart d’heure biologique n’est pas fini, puisqu’à l’intérieur on ne précise qu’Okinawa compte pas moins de huit espèces de serpents, dont la moitié son venimeux. Les espèces dangereuses aquatiques sont, paraît-il, encore plus nombreuses.

Naha american village

Voici donc American Village, un centre touristique/balnéaire très orienté US.

Naha american depot

Et pour cause, l’endroit est un temple du shopping en matière de culture importée. American Depot, tout comme Soho, vendent des tas de décorations et vêtements de style anglo-saxon. Il y a aussi une grosse partie de surplus militaire, avec par exemple énormément d’uniforme d’occasion venant de divers armées. Ce n’est cependant guère surprenant, vu les grosses bases américaines juste à côté. A peine quelques mètres plus loin, le caviste de American Village aligne les exclusivités de l’île.

Et là, oh mon dieu les bons sakés !! J’ai envie d’acheter toute la boutique, surtout que beaucoup de bouteilles ne sont pas vendues en métropole. Mais tout boire s’avèrerait vraiment très compliqué : la spécialité locale est le 泡盛 (awamori) qui tourne entre 25 et 45°C. Après une jarre presque complètement vidée, le produit est bon et passe bien mieux que le shôchû. Les glaçons sont néamoins recommandés.

Naha beach beer

Il est temps de prendre un peu de bon temps à la plage. Ca fait du bien de rien foutre, juste déguster une glace et une bière Orion en respirant l’air du large. Car oui, pour la bière aussi, Okinawa a sa marque exclusive.

Naha hotel

Je retrouve ne traditionnel onsen du dernier étage à l’hôtel. Mais cette année, je suis loin d’être le plus privilégié : les voisins ont l’air de bien s’éclater sur le toit du leur !

Naha Shurijo 1

Le lendemain, direction le château historique d’Okinawa, le Shûrijô. Sa porte principale visible ci-dessus, est la kankaimon. Littéralement, cela signifie « rencontre heureuse », en signe d’acceuil aux émissaires. Les lions sur les côtés (Shisha, en langage d’Okinawa) garde le château contre les mauvais esprits.

Naha Shurijo

Un peu plus haut, ce conduit en forme de dragon amenait l’eau potable pour le château et les visiteurs. Chose rare par ici, il s’agit de l’original arrivé de Chine en… 1523 !

Naha Shurijo 2

Arrivé devant le bâtiment principal, il est clair que ma malchance légendaire me poursuit : le château est en réfection. De plus, on peut pas prendre beaucoup de photos à l’intérieur.

Naha Shurijo 4

Je peux néanmoins vous montrer le bureau du roi. C’est la salle où il menait les affaires du royaume. Là il est nécessaire de s’arrêter un moment. Okinawa est une région administrative plutôt récente sur l’échelle de l’histoire nippone : au 14e siècle, cet endroit s’appelait le royaume Ryu-Kyu, totalement indépendant avec son propre souverain. En 1609, le shogun finira par demander au clan Satsuma (vous savez, ce gens très actifs de Kagoshima) de conquérir les Ryu-Kyu.

Mais après l’offensive victorieuse des Satsuma, le royaume Ryu-Kyu va garder une certaine indépendance. Les relations qu’il entretient depuis longtemps avec la Chine peuvent par exemple continuer. Les Satsuma ne feront que superviser de loin. En 1879 le gouvernement Meiji annexe purement et simplement l’île et établit la préfecture d’Okinawa telle qu’on la connaît aujourd’hui, relevant de ses fonctions le roi fantoche qu’il avait installé lui-même.

Dans la salle du trône, l’influence chinoise est évidente. Le symbolisme du dragon chinois est partout, le roi l’ayant pris pour emblème. En haut, on peut lire « Chûzan Seido » qui signifie « Terres de Chûzan » et qui sont des mots de l’Empereur Qing Kangxi. A l’origine, les Ryu-Kyu sont constitués de trois régions distinctes Hokuzan (montagne du nord), Nanzan (montagne du sud) et Chûzan (montagne du milieu). Chûzan sera celle qui réalisera l’union de l’île au mileu du 15e siècle. La mention consacre la domination de Chûzan sur les Ryu-Kyu.

En sortant, on décerne au Shûrijô le prix des « toilettes de l’année ».

Naha Enkakuji

A l’extérieur se dresse le Enkakuji, ou plutôt ce qui en reste. Construit par le roi Shô Shin pour acceuillir les âmes de son père et prédécesseur Shô En, ce temple bouddhiste, fut à son zénith en 1495, le plus important des Ryu-Kyu et désigné trésor national en 1933. Mais les combats furent âpres à Okinawa en 1945, particulièrement autour du Shûrijô où se trouvait une base de la 32e armée des forces impériales japonaises. Il ne restait rien du Enkakuji après la bataille, seule la porte principale fut reconstruite en 1968.

Pour le shopping, rien de mieux que Kokusai-doori (littéralement « avenue internationale »). Le choix est très bon et c’est là qu’on trouve les souvenirs les plus exquis.

Naha Animate

Hors de question évidemment de rater l’Animate d’Okinawa. Pour une succursale aussi lointaine, il est plutôt dans les meilleurs. Il y a de bons rayons comme ceux Sword Art Online et Fate GO/Extella.

Mais le plus exotique reste évidemment ceci. J’avais lu que les Okinawaïens capturaient des serpents pour en faire des souvenirs. Eh ben c’était vrai. Mieux (?) encore, il se trouve que les reptiles sont plongés dans… le saké ! On peut donc se procurer des ハブ酒 (habushû) plus ou moins onéreux, avec ou sans serpent dedans.

Tokyo habshu

Pour les besoins de la science, je vais naturellement me dévouer pour tester le breuvage. Si ce blog s’arrête là, vous saurez ce qui est arrivé.

… … … …

C’est pas mal !

Naha Naminoue

Nous sommes le 13 septembre et c’est le jour de la sortie de NG, le nouveau visual novel d’horreur de Experience. Je me rends donc à la nuit tombée à Naminoue beach pour le commencer comme il se doit.

Naha NG

Quel plaisir de commencer ce titre dans la nuit noire d’Okinawa. Les phares des voitures provoquent des sursauts, le murmure des passants se mêle à celui du jeu… Délicieux.

Nago bus

Pour le dernier jour, je prends un bus express pour Nago, au nord de l’île. Ce n’est que de l’autoroute donc le trajet n’a rien de spécial.

Nago city hall

Pour cause d’hôtels totalement blindés à Naha, j’avais choisi de faire le week-end ici. Mais j’aurai probablement dû chercher un peu plus, car il n’y a pas grand chose à faire à Nago. Le seul point d’intérêt de cette ville est sa mairie gothique et verte à la fois. Il fallait oser.

Nago beach swim

L’autre avantage est sa longue partie côtière. Seulement voilà, sur 2km de côte, il y a environ 20 mètres de plage où la baignade est autorisée ! Il faut rester dans l’aire délimitée par des flotteurs, c’est un peu fou.

Nago beach

Il y a une plage juste derrière l’hôtel donc je ne vais pas me gêner, d’autant que je suis loin d’être le seul « contrevenant ». L’eau est sacrément bonne, on en attendait pas moins. Le problème est qu’il fait 32°C, et cette température est nettement moins supportable à Okinawa qu’en métropole. On transpire trop, impossible par exemple de se poser sur la plage pour lire. Je finis donc cette semaine tropicale par cette baignade.

Okinawa est très clairement un lieu culturellement intéressant, avec pas mal de surprises et paradoxalement génial question shopping. Seulement, c’est difficile de visiter hors de Naha sans être véhiculé. Il faut donc bien décider à l’avance que que l’on veut faire.

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