E3 2018 Sony – Game Stranding

GoT

A la mi-2018, Sony est toujours sur un petit nuage, et ce malgré la montée de la Switch. God of War, couronné de lauriers, a franchi la barre des 5 millions d’unités vendues en un clin d’oeil. Detroit Become Human fête déjà son premier million. La puissance first party s’ajoute aux légions d’éditeurs tiers qui soutiennent la PS4. Au Japon également, la PS4 et la PSVita tiennent toujours le marché des tiers. Le consensus est total pour dire que le leader n’a presque rien à faire dans cet E3.

Les états financiers sont eux aussi au beau fixe. Si l’on regarde le bilan de Sony, la première que l’on constate est une augmentation significative de l’actif circulant (+18%), partiellement intégrée en fonds propres. Le compte de résultat est encore meilleur : le résultat d’exploitation a plus que doublé à 734 milliards de yens, alors que le résultat net à carrément… quintuplé ! Presque tous les secteurs sont en bonne progression, sauf les smartphones dont les ventes baissent inexorablement. Globalement, le business de Sony est porté par le vent arrière de la conjoncture.

Sans surprise, la division jeu affiche une santé étincelante : 19 millions de PS4 vendues, profitabilité en hausse de 30%, des abonnés PS+ en constante augmentation et un ratio de de ventes dématérialisées qui a atteint la moyenne ahurissante de 32% sur l’exercice ! Sur le premier trimestre 2018, ce sont 43% des joueurs qui ont acheté leur jeu sur le Playstation Store. Quasiment un sur deux! Une aubaine pour Sony et pour les marges des jeux. Les éditeurs-tiers exultent, la PS4 est incontournable.

DS1

Mais avec une telle assurance, ce que l’on pouvait craindre s’est produit : Sony a fait plutôt concis, sans prise de risque, dans une conférence une nouvelle fois mal rythmée. Ils ont simplement appliqué le « programme » dont ils avaient parlé et reparlé tout ce temps. Alors oui, The Last of Us Part II a montré du gameplay impressionnant, Ghost of Tsushima renverse la table avec une ambiance digne d’un film de Kurosawa, et Death Stranding intrigue toujours autant d’un point de vue narratif. Mais les annonces ont moins d’impact que celles de Microsoft la vieille, et il n’y a pas d’invités comme chez l’américain. Resident Evil 2 Remake était attendu, et ce n’est pas un nouveau jeu. Niô 2 et Control sont de vraies surprises, mais on a un peu soif de détails sur les nouveautés et le gameplay, et puis les trailers ne sont pas renversants. Une conférence E3 n’est pas l’application d’un menu fourni à l’avance.

Deracine

Incompréhensible aussi le fait de placer Déraciné hors conférence. La première expérience VR de From Software, un jeu de réflexion où l’on remonte l’histoire et la psychologie d’élèves reclus, semble original et prometteur. Il fallait clairement beaucoup moins de Spiderman et plus de ça. Ni le volume, ni le tempo ne font la différence : Microsoft avait plus et plus étonnant. On regrette aussi l’absence dates, même de fenêtres de sortie pour ces énormes titres. Il n’y a pas assez de concret, et beaucoup d’absences : quid de 13 Sentinels ? Ace Combat 7 est débouté, Soulcalibur VI perdu on ne sait où et FFVII Remake entre officiellement dans le triangle des Bermudes vidéoludique. On a l’impression que Sony est de moins en moins ouvert vis-à-vis des tiers, ce que Microsoft fait de mieux en mieux depuis plusieurs éditions.

Pas non plus de réponse à la Switch en termes de hardware. Mais tout cela est-il nécessaire ? 99% des jeux de l’E3 tournent sur PS4 en version ultime, et la plupart des jeux montrés à la conférence Xbox se vendront automatiquement mieux sur PS4. Quant à la Switch, elle représente à peine ~30% des jeux en développement, très majoritairement du A ou AA. On compte également quelques exclusivités Playstation pour cet E3 2018, dont Fate Extella Link, Fist of the North Star Lost Paradise, Senran Kagura Burst Re:newal, Persona 5 Dancing Star Night, Persona 3 Dancing Moon Light, Catherine Full Body, Yakuza Kiwami 2 et Dragon Quest XI, mais leur nombre est de plus en plus réduit par la Switch. Il y a donc là un foyer d’inquiétude que Sony n’essaie pas d’éteindre, par excès de confiance ou par désintérêt pour les productions petites et moyennes.

Mais en ce début de fin de génération, on est plus dans la symbolique que dans la guerre commerciale, déjà pliée de toute façon. Sony aura sûrement voulu appuyer sur son catalogue exclusif et ainsi préparer la génération suivante, au risque de réduire son rayonnement global et donc la confiance de ses fidèles en l’avenir. Mauvais calcul ou risque calculé, les prochaines années nous le diront…

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