鹿児島、灰に覆われた誘惑の混浴 (Kagoshima, sous les cendres, la mixité)

Kagoshima panel

La ligne de Shinkansen qui va jusqu’à Kagoshima était la dernière à mettre à mon tableau de chasse. Une fois devant ce panneau, j’ai officiellement parcouru la totalité des tronçons du train à grande vitesse japonais.

Kagoshima shinkansen

Pas forcément de nouvelles rames (c’est un N700 classique), donc va simplement profiter du confort pour manger comme d’habitude, lire un peu Hôkago Assualt Girls (dont je reparlerai probablement le mois prochain) et tester le saké de Kumamoto. Sans transition, mettons le cap sur Sakurajima.

Kagoshima boat

Sakurajima est une presqu’île située dans une immense crique, mais elle est reliée par un isthme de l’autre côté. Il faut donc y aller de Kagoshima en bateau.

Kagoshima boat 1

Sakurajima est très étendue, beaucoup de gens embarquent directement avec leur voiture dans le ferry pour pouvoir être plus mobile une fois sur place.

Sakurajima

Voici donc l’île et le mont Sakurajima. C’est un volcan.

Sakurajima jinja

Le sanctuaire Tsukuyomi est à quelques mètres à peine après le débarquement…

Kagoshima view

et possède un très bon point d’observation d’où l’on peut voir le centre de Kagoshima en fond (on aperçoit la grande roue de la gare à gauche).

Sakurajima stream

La première attraction de Sakurajima est un bain de pied chaud qui s’étend sur plusieurs dizaines de mètres. Les promeneurs peuvent y reposer la plante de leurs pieds à volonté.

Juste à côté commence un très beau chemin de bord de mer. Magnifique promenade qui permet de sentir l’air du large, d’observer des roches volcaniques et parsemée de petites huttes de repos. Ca ne monte cependant pas beaucoup et j’avale les 2.5 km en ¾ d’heure en comptant les pauses photo.

Sakurajima walk 2

Et puis il y a ce sable noir, très intriguant. Au bout d’un moment, je remarque que mes semelles chauffent anormalement. Comment des semelles aussi épaisses peuvent-elles chauffer d’un coup à ce point? Le réponse s’impose à moi : ce n’est pas du sable, c’est de la cendre volcanique.

Sakurajima map

Voici qui est très intéressant. Ce plan retrace les différentes éruptions du Sakurajima, la dernière datant de 1946. Il s’avère que Sakurajima est à l’origine bel et bien une île : la coulée de lave de 1914 a relié l’île à la terre ferme en se solidifiant. Toujours la même année, le volcan a également explosé de l’autre côté. Exactement là où je me trouve en fait… Je me posais vaguement la question, mais ça ne coûte rien de vérifier… … … Le Sakurajima est… actif!

… … … …

On va marcher plus vite.

Sakurajima Karasujima

J’arrive au point d’observation Karasujima. Karasujima est une île, ou plutôt, était. Cette île a été engloutie par l’éruption de 1914. Elle est sous mes pieds.

Sakurajima onsen

J’ai loupé le bus à Karasujima, le prochain ne repassera que dans 1 heure. J’ai plus vite fait de revenir au port à pied par la nationale et grimper dans un taxi pour ふるさと温泉 (furusato onsen). L’endroit est désert : plusieurs hôtels ont fermé (rien à explorer malheureusement) mais les deux derniers établissements de sources chaudes fonctionnent encore.

Sakurajima onsen 2

Je suis le seul client à ce moment-là. C’est parfait, je peux prendre tout mon temps pour les photos.

Sakurajima onsen 1

ふるさと温泉 est l’un des rares exemples de sources chaudes directement implantées sur le front de mer. C’est une source chaude 10 étoiles, la plus belle vue que j’ai jamais eue en me baignant à 40°C. Cependant, l’eau est un peu trop chaude (42°C exactement) et rester plus de 5 minutes relève du suicide.

Sakurajima onsen 3

Mais cela n’est rien comparé à ce qui arrive dans le 2e onsen, où je vais pour comparer quel est le plus luxueux. Je rentre donc comme de coutume du côté des messieurs. C’est un bassin surélevé sur un balcon classique, beaucoup moins bien que celui d’avant. Au moment de rentrer dans l’eau, j’entends des voix… de filles. C’est trop proche, c’est pas normal. L’instant d’après, je me retrouve nez à nez avec une fillette de 6 ans… nue! LE BAIN EST MIXTE!

Rien ne pouvait me préparer à cette rencontre du troisième type. Tel le personnage principal de Monstres & Cie, je fuis dans les vestiaires à la vue de l’enfant. Je vérifie la porte à l’extérieur : c’est bien marqué « hommes ». Un client arrivé juste derrière moi me confirme qu’il n’y a pas de problème. Le père de la fille, apparemment ravi de croiser un étranger, m’offre sa bière et engage la conversation, pas dérangé la moins du monde que je puisse voir sa fille à poil. Il faut croire qu’en réalité, ce genre de situation est bien moins grave que dans les mangas.

Sakurajima taxi

Ayant clairement fait ma journée avec cet instant hors du commun, je demande à l’établissement d’appeler un taxi pour repartir vers le port. Au retour comme à l’aller, les chauffeurs sont super sympas et enthousiastes. On en vient à parler de Trump, du changement climatiques entre autres dérives de la conversation.

Kagoshima satsuma

Devant la gare, la statue des Satsuma se dresse puissamment en premier plan de la luxueuse grande roue. Les Satsuma (ou plus précisément le nom de la famille régnante est Shimazu, Satsuma est une appellation par extension car il s’agit du nom de la province) sont un clan important de l’ère d’Edo qui domina Kyushu de l’ère Kamakura (12e-13e siècle) à la révolution Meiji. Ce clan détient donc le record du plus long règne sur une région japonaise.

Kagoshima satsuma 1

Le musée de la restauration Meiji (qui parle davantage de Satsuma que de Meiji, en fait) nous en dit plus. Shimazu Nariakira, après la guerre anglo-Satsuma, est décidé à doter le Japon de navires de guerre à la hauteur. Sous sont impulsion verra le jour en 1855 le Shôheimaru, le premier navire militaire de type occidental en service au Japon.

Mais Nariakira n’entend pas s’arrêter en si bon chemin : à la même époque, il propose le hi no maru comme drapeau de la marine. Son idée est retenue par le Bakufu, puis reconfirmée par Meiji. Celui-ci deviendra plus tard la drapeau national.

Kagoshima satsuma 2

Les Satsuma, qui ne sont plus à un fait historique près, se placèrent également à l’origine de l’hymne national japonais, kimi ga yo. En 1869, le clan forme un orchestre militaire et rencontre un compositeur anglais du nom de John William Fenton. Ils sélectionnent un passage d’un vieux morceau de shamisen local et lui transmettent. Après quelques modifications, le kimi ga yo conjoint des Satsuma et de Fenton est joué pour la première fois devant l’Empereur par l’orchestre Satsuma en 1870. Il évoluera par la suite vers l’hymne d’aujourd’hui.

Les Satsuma étaient des gens remarquablement brillants, mais la Pokemon Company l’est sûrement tout autant. La société a parfaitement intégré la popularité de Lilie de Pokemon Soleil/Lune, et plus étonnant, de sa mère tyrannique Elsa-Mina. C’est une gamme de produits tout neuve qui est présentée ce jour au Pokemon Store de Kagoshima. Un très gros billet est sacrifié à cette occasion.

Kagoshima vita

Rendez-vous ensuite au Bic Camera, le grand magasin d’électronique de la gare de Kagoshima pour constater qu’en ce deuxième semestre 2017, la PSVita est encore en forme. L’enseigne affiche en effet les jeux de la rentrée à pré-commander tels que Nights of Azure 2, Tokyo Clanpool, Shin Yomawari ou l’adaptation en jeu de kono subarashii sekai ni shukufuku o!

Kagoshima center

Oui je sais. Vous avez déjà vu cette photo à Kumamoto. C’est que la structure de des deux villes de Kyushu est très semblable : des gares à l’extrémité, de très vastes arcades commerciales au centre et un tram pour relier tout ça. Sauf que Kagoshima est une ville autrement plus importante que Kumamoto : les trams sont nettement plus fréquents et les zones commerciales trois fois plus denses. Vraiment tout est à portée de main.

Kagoshima animate

L’Animate de Kagoshima est décevant : que des produits pour les sexe opposé. Seul le présentoir Fate Apocrypha, dont l’anime s’apprête à envahir l’actualité, sauve un peu les meubles.

Kagoshima kan colle

On va rester dans le jeu vidéo puisque cette soirée sera consacrée à tester Kan Colle Arcade. A Akihabara les files d’attentes sont infernales, mais ici à l’extrême sud de l’archipel, les bornes sont libres. Problème : ça ne marche pas. Le jeu me demande une carte pour démarrer… Le doute s’empare de moi. Faut-il se ramener avec ses cartes de collection à 2000¥ pièce?

En fait non, la carte tombe dans un distributeur juste en-dessous une fois que le personnage est choisi.

Il est temps de lever l’ancre. Contrairement à Kan Colle kai sur PSVita, le jeu est en 3D et la zone maritime aussi. Il faut donc à la fois manœuvrer pour éviter le pilonnage adverse, mais aussi écraser le buzzer d’attaque quand l’ennemi est dans la ligne de mire.

Kagoshima kan colle 2

Et c’est génial, car les commandes de la borne sont un gouvernail (qui rend bien l’inertie) et un compteur de vitesses naval plus vrai que nature avec les bruitages qui vont avec!

Tout ça pour dire que Kagoshima est une ville formidable et que je la recommande absolument. L’endroit est magnifique, il y a beaucoup d’activités, des restaurants variés et les gens sont a-do-rables. J’ai beaucoup discuté pendant ces deux jours, les habitants sont curieux, engagent la conversation facilement et font tout pour vous être agréable. Conséquemment, le thème musical de cette ville sera Pascal de NieR Automata.

Osaka Disc Pier 3

Mon avion de retour part d’Osaka deux jours plus tard. Je fait donc un arrêt au stand dans le Kansai, en passant évidemment par Disc Pier, la plus pro-Sony des boutiques de l’archipel. L’établissement est toujours prêt à tout pour favoriser les consoles Playstation au détriment de la Switch.

Osaka Disc Pier 2

Mais alors vraiment à tout…

Osaka Disc Pier

Hé, messieurs. Il reste un endroit que vous n’avez pas nettoyé!

Osaka Disc Pier 1

Ne bougez pas, je vais le faire pour vous…

Comme la dernière fois, le Denden Town d’Osaka a un tout petit bout de Cospa avec, ô joie, enfin des produits New Game! J’aurais bien pris le store à droite, mais il fallait pour ça acheter les 42’000¥ de Blu-ray!

Osaka New Game

Il y avait également une très belle expo d’artworks (photos autorisées, ce qui est assez rare pour être souligné).

Nihonbashi, le quartier de l’électronique d’Osaka, était nettement plus excitant cette année qu’en 2015.Cerise sur le gâteau, je repars avec non pas une, mais deux nouvelles batteries externes !! Pas besoin de vous dire à qui je vais envoyer la facture.

2017 loot

Je reviendrai quand même avec 35’000¥ : les deux semaines auront été dans le budget, incroyablissime! Voilà, il ne reste plus qu’à profiter de tout ça avant de nouvelles aventures dans des contrées encore plus lointaines. Il y a déjà des trucs de ouf’ en préparation…

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3 réponses à “鹿児島、灰に覆われた誘惑の混浴 (Kagoshima, sous les cendres, la mixité)

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