Test – Fate Extella

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Licence transmédia par excellence avec ses animes, romans, visual novels & mangas, Fate ne manque pas de passer régulièrement par la case jeu vidéo pour que les fans puissent assouvir leur soif d’interactivité. Donc après Fate Extra et Fate Extra CCC sur PSP, c’est au tour de Fate Extella de se lancer sur PSVita.

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Fate GO, Fate Zero, Fate Extra, Fate Stay Night, Fate Apocrypha, Fate Kaleid Liner Prisma Ilya… pas toujours facile de s’y retrouver dans le maquis que constitue maintenant la licence au succès fulgurant de Type-Moon. Fate Extella part donc d’un principe simple : proposer un jeu d’action rassemblant des personnages emblématiques de ces différentes déclinaisons afin que le fan puisse s’en donner à cœur joie avec ses héros ou ses héroïnes préférées. Altella et Elizabeth viennent par exemple du jeu smartphone Fate Grand Order, l’Archer sans nom est bien connu pour être le servant invoqué par Rin Tôsaka dans l’adaptation par le célébrissime studio Ufotable de Fate Stay Night, et Nero comme Tamamo arrivent des jeux PSP précédents.

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Dans la mythologie de Fate, certains humains appelés magi ou encore maîtres peuvent invoquer l’esprit des héros du passé, réincarnés dans des servants aux pouvoirs hors normes. Attendez vous donc à voir le cruel empereur romain Néron apparaître sous les traits d’une blonde extravertie, Attila prendre l’apparence d’un jeune fille tsundere, ou plus classiquement Alexandre le Grand en vieux roi conquérant. Au total, ce sont 16 personnages qui sont jouables dans Fate Extella, plutôt bien répartis entre jolies filles et beaux mecs. Donc mesdames et messieurs, ici pas de jaloux.

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L’histoire de Fate Extella à lieu après Fate Extra et Fate Extra CCC : la guerre du Saint Graal est terminée et votre personnage principal est d’ores et déjà roi du SE.RA.PH, domaine virtuel architecturé par le Moon Cell, lui-même système qui mesure et régit l’activité terrestre. Votre personnage principal commence aux côtés son servant Nero Claudius, qui est donc de facto régente du SE.RA.PH. Leur règne n’est cependant pas de tout repos puisque Tamamo No Mae, autre servant rescapée de la guerre du Saint Graal, vient leur disputer leur territoire.

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Altella, autre esprit, s’immiscera au milieu de cette lutte de pouvoir non pas pour des velléités de conquête, mais pour la seule destruction. Cet événement est annonciateur d’une menace plus grande qui dépasse le cadre de la guerre du Saint Graal. Chacune d’entre elles ont un faction composées d’autres héros. Fate Extella redistribue donc arbitrairement le bien et le mal entre les servants comme Dissidia Final Fantasy le ferait pour les héros de Final Fantasy. Toujours est-il que le joueur est invité à vivre l’histoire du point de vue des trois héroïnes, trois futurs alternatifs appelés à trouver une synthèse heureuse et un point culminant dans une true end adorable.

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Admirable sur le fond, l’histoire de Fate Extella l’est un peu moins sur la forme : la structure du scénario est assez répétitive et ne dévie que dans l’ultime chapitre de synthèse, bien plus intéressant à suivre. Avant celui-ci, on a peu l’impression de refaire le même jeu en entier avec un personnage différent. Précisons également que les parties narratives sont très longues (il n’est pas rare de passer plus de temps hors des missions que dedans) avec beaucoup de textes sur fond bleu au milieu des dialogues entre les personnages qui sont eux beaucoup plus animés. Fate Extella cède ainsi à ses racines de visual novel, au risque de susciter l’impatience du fan de jeux d’action pressé d’en découdre. Reste que le ton de ces séquences est toujours très romancée et parfois très poétique avec une réelle qualité d’écriture. Pas désagréable à suivre mais on ne peut s’empêcher de penser que cela aurait pu être un peu plus concis.

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A côté de cela, les dialogues renferment quelques petits trésors d’humour : entre leur amour fou pour le personnage principal et leur jalousie réciproque, Nero et Tamamo rivalisent de néologismes farfelus, le tout dans un torrent d’exubérance propre aux JRPGs les plus dingues. Curieusement, ces fanfaronnades cohabitent avec un niveau de langue extrêmement élevé en japonais, avec beaucoup de vocabulaire rare et une utilisation complexe des idéogrammes. De la bonne lecture, mais là encore la redondance des situations peut finir par ennuyer.

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L’aire de combat des missions de Fate Extella est divisée en une multitude de petits secteurs. Le principe est relativement simple : il suffit de prendre un nombre défini de secteurs pour faire apparaître le boss. Une fois celui-ci vaincu, le niveau est terminé. Pour prendre un secteur, il faut d’abord balayer à grand coups de combos les dizaines d’ennemis basiques (mais dont le pouvoir de nuisance est certain) pour faire apparaître les agressors. Ces entités plus grandes et nettement plus robustes sont les gardiens du secteur : il faut en vaincre 3 ou parfois plus pour se rendre maître de la zone.

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Tout cela est cependant plus facile à dire qu’à faire, car le camp d’en face ne va pas rester les bras croisés à vous voir marcher sur ses plates-bandes. Les ennemis attaquent vos position en permanence et disposent du privilège exorbitant de pouvoir envahir vos secteurs de très loin au moyen des plants. Ces étranges soucoupes volantes ont en effet l’ennuyeuse propriété de déverser des troupes n’importe où, de n’importe où. Il faut donc les éliminer en priorité, même s’il faut pour cela retraverser toute la carte. Forts de ces moyens enviables, les ennemis avancent tellement vite que vos secteurs sont tout le temps en pleine hémorragie. Pour ne rien arranger, les héros ennemis (qui font office de semi-boss) retardent énormément votre progression. Fate Extella est un jeu d’action où la pression est permanente car le joueur est quasiment toujours au bord de la défaite : il faut être au four, au moulin, et chez la crémière! Le jeu ira même jusqu’à vous envoyer sur des cartes contrôlées à 90% par l’adversaire, et où la défaite est une question des minutes! Au joueur de foncer sur les secteurs-clé et laisser libre à cours à sa rage de vaincre. Les sensations de jeu sont garanties.

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Votre arsenal de combos repose sur des variations des boutons carré et triangle, dans un système assez similaire à Senran Kagura Estival Versus. Il a l’avantage d’assurer une bonne variété de gameplay en gardant l’accessibilité, car le même schéma s’applique à tous les personnages. On peut donc passer d’un scénario à un autre sans avoir a tout réapprendre. Dans le même temps, les trois héroïnes principales ont des styles de combat et des palettes de mouvement très différentes : Nero favorise les combos épée/bouclier, Tamamo les sorts de feu et de glace, tandis qu’Altella exécute les combos les plus spectaculaires grâce à son étonnante épée arc-en-ciel polymorphe. Pour assurer une conquête plus rapide, chaque personnage dispose de trois atouts.

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L’Extella maneuver est une série de coups visant tous les ennemis à proximités, idéale pour éliminer plusieurs agressors en même temps. Le Moondrive est une transformation qui rend temporairement invincible et le hôgu, la capacité la plus puissante aux cutscenes impressionnantes, balaye absolument tout sur toute la surface d’un secteur. Même en utilisant tout cela à fond, la victoire n’est pas acquise mais vous conservez l’expérience gagnée en cas de défaite. Les missions deviennent donc graduellement moins ardues afin de ne pas perdre le joueur en route. Les boss à l’IA risible sont toutefois assez décevants, tout comme le changement de personnage : l’histoire principale ne permet que de jouer l’héroïne du moment ou son premier lieutenant. Là encore, un peu de variété aurait été tout à fait bénéfique pour divertir davantage dans cette longue campagne.

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Qu’à cela ne tienne, chaque personnage secondaire aura un court scénario personnel en marge de l’histoire principale. «Scénario» est peut-être un bien grand mot puisque les dialogues sont souvent assez courts et le fond de l’histoire plutôt mince. Celui d’Elizabeth se distingue significativement car plus surprenant, plus drôle et mettant parfaitement en scène son côté yandere : celle-ci va enfin réaliser ses odieuses ambitions et piétiner ses rivales.

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Ce mode est au final un bon prétexte pour profiter à fond de l’ensemble des personnages secondaires dont les capacités n’ont rien à envier aux trois héroïnes : leurs combos et techniques sont tout aussi complets et originaux. Jeanne d’Arc par exemple alterne entre une lance surmontée d’un oriflamme médiéval, et son épée de service. La française mise cependant tout sur son hôgu, considérablement plus puissant que celui des autres et qui, clin d’œil à l’histoire, lui coûte une vie. D’une difficulté certaine, ces histoires parallèles rallongent agréablement la durée de vie du titre.

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La maîtrise technique de Marvelous sur PSVita n’est plus à prouver et le développeur a soigné cette version pour que les joueurs nomades ne soient pas laissés pour compte. Malgré le très grand nombre d’éléments et de mouvements à l’écran, l’animation ne ralentit jamais sur la portable. En fait, le jeu pixellise légèrement pour conserver à tout instant une fluidité maximale. Un mal pour un bien, que l’on excusera aisément vu la modélisation plus que satisfaisante des personnages.

Fate Extella est donc un titre à la fois fun et intense, tout en mettant remarquablement en valeur la licence dont il est tiré. Il enrichi et illustre parfaitement l’univers de Fate et donne aux aficionados une excellente occasion de vivre leur passion, ce malgré le caractère redondant de certains éléments.

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