Test – Kan Colle kai

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Des navires de guerre représentés par des jolies filles, l’idée peut paraître saugrenue. Pourtant, depuis 3 ans, la folie Kan Colle n’en finit pas d’enflammer l’archipel : en 3 ans, 3 millions de joueurs se sont essayés au jeu de stratégie free to play de DMM.com. Flairant la bonne affaire, Kadokawa games met en chantier un portage sur la portable de Sony. Portage qui se sera fait attendre, la version PSVita ayant été constamment repoussée pendant presque un an. Mais comme au restaurant, le mets est encore plus délicieux quand on attend…

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Dans ce jeu de stratégie naval, vous êtes un fier amiral de la marine japonaise chargé de défendre l’Empire de Soleil Levant contre une mystérieuse “Armée des Abysses”. Jusque-là, aucune différence a priori avec de la stratégie PC sauf que votre flotte est composée exclusivement… de filles! En effet, dans le jeu à succès de DMM, un bateau est une fille, et vice-versa. Et pas n’importe lesquels, puisque le titre emprunte les noms de navires ayant véritablement combattu lors de la Seconde Guerre Mondiale. On ne sera donc pas étonné (ou peut-être un peu quand-même) de voir le porte-avion Akagi devenir une as du kyûdô (tir à l’arc japonais), ou des sous-marins se métamorphoser en fillettes en maillot de bain!

Kan Colle kai accueille également quelques navires étrangers comme l’américain Iowa ou le Bismarck allemand, qui deviennent des blondes au corps de rêve. Le choix est faramineux puisqu’on dénombre à ce jour 160 shipgirls, comme on les appelle officieusement en anglais. Autant dire qu’avec un tel nombre, impossible de ne pas trouver son bonheur dans les designs très variés, mais au demeurant très inégaux : les premiers designs, soumis au début de la licence, sont clairement moins bien dessinés qui tous ceux qui suivent. Reste que très vite, le joueur est atteint de collectionïte aïgue au point qu’il ne pourra plus lâcher le jeu.

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L’Asie-Pacifique de Kan Colle kai est divisé en hexes, petits hexagones qui sont autant de territoires maritimes qui n’attendent que d’être repris par votre groupe de fill… euh, votre glorieuse flotte impériale. A chaque tour sur la carte, vous pouvez déplacer vos flottes ou attaquer avec, après quoi c’est au tour de l’ennemi d’effectuer ses propres actions. Chacune de ces hexes compte quatre zones qu’il faut conquérir une à une pour que le territoire passe sous votre contrôle. Au début, seule la base navale Tokyoïte vous appartient. Il faudra faire attention à bien la défendre, car si l’ennemi arrive jusque-là, c’est la fin de la partie. A vous de déployer vos unités efficacement pour reprendre les autres côtes de l’archipel, puis entrer à Singapour, prendre l’Australie, et finalement détruire la base de Abysses. Bref, votre job ne sera ni plus ni moins que de gagner la Guerre du Pacifique perdue par le Japon en 1945! Il y a visiblement quelques revanchards parmi les développeurs de Kan Colle…

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Les offensives se mènent par groupe de 6 shipgirls ou moins, et chaque zone comporte plusieurs batailles avant d’arriver sur la case du boss… si toutefois votre groupe y parvient! L’immense difficulté de Kan Colle kai est que beaucoup de zones exigent de constituer un groupe selon des conditions précises : pas plus de deux destroyers, porte-avions lourds interdits, nécéssité d’embarquer X avions de reconnaissance… les directives sont nombreuses. Mais là où ça devient vraiment compliqué, c’est que le jeu ne vous donnera pas systématiquement ce genre de précision! Il faut procéder de façon très empirique en testant différentes combinaisons pour arriver à la bonne, celle qui va amènera sur l’ultime case. Mais même en explorant les wikis japonais et anglais, c’est extrêmement long et éprouvant, les soluces (pourtant écrites par des connaisseurs) n’étant pas toujours renseignées ou d’accord entre elles. Un système de progression ultra spartiate qui demande un mental d’acier.

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Le combat se déroule au tour par tour selon les statistiques des unités en jeu. Si votre statistique de reconnaissance est suffisante (comprenez : si vous êtes blindés d’avions), vos unités auront l’initiative et joueront plus vite. Dans le cas contraire, les stats globales des unités en jeu priment et l’ennemi risque d’attaquer en pein milieu de votre tour. Le résultat des bataille dépend également beaucoup du niveau de votre flotte : en effet, Kan Colle kai ajoute un petit aspect RPG dans la mesure où vos troupes gagnent de l’expérience à l’issue des combats. Quand tout le monde a joué, le jeu vous laisse le choix de poursuivre le combat de nuit ou non. Dans cette phase, la précision diminue mais les coups critiques sont démultipliés. Attention, c’est à double tranchant car cela vaut également pour les unités d’en face! Notez qu’il n’est pas nécessaire de détruire tous les adversaires pour l’emporter, car la victoire est fonction du pourcentage de HP perdus par les deux camps : pour gagner, il suffit donc d’encaisser proportionnellement moins de dégâts que le bataillon adverse.

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Au moment d’attaquer, l’interface va vous demander de choisir une formation. Celle-ci représente un choix stratégique à part entière à bien faire en fonction de votre plan d’attaque et des ennemis présents. Par exemple, la formation en ligne maximise les dégâts mais baisse la précision de jour, tandis que la formation “Echelon” (en diagonale) protège des attaques sous-marines. Si rien que les règles de base en font déjà un jeu de stratégie conséquent, la complexité de Kan Colle kai va en réalité encore plus loin.

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Comme fait allusion plus haut, Kan Colle kai comprend plusieurs types de navires joliment différenciés par de petites icônes sur la carte d’état major : contre-torpilleur, croiseur, croiseur lourd, cuirassé, porte-avion et sous-marin pour ne citer que les principaux. Il existe en effet des unités uniques aux fonctions spéciales, mais elles sont excessivement rares. Akashi, la jeune fille du ravitaillement peut par exemple réparer les autres unités hors des docks. Tous les type de navires ont un rôle stratégique : comprenez par là que vous n’allez pas laisser vos simples contre-torpilleurs au port lorsque vous aurez des croiseurs ou des cuirassés. Ceux-ci sont cruciaux pour abattre les sous-marins absolument odieux de l’Armée des Abysses, et sont souvent exigés pour avancer dans les zones. Les croiseurs sont excellents contre les porte-avions, et les sous-marins ont eux l’avantage d’être indétectable par les unités lourdes. Très chers à produire, les porte-avions restent la classe reine de l’univers de Kantai Collection. Solides, déterminants pour la reconnaissance et capables de lancer des bombardements aériens préventifs dévastateurs, ces desmoiselles reconnaissables à la piste de décollage qu’elles portent sont à inclure en bonne place dans votre flotte.

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Une fois maîtrisées les forces et les faiblesses de chaque type d’unité, il faudra passer en revue leur équipement établir la meilleure combinaison possible d’armements et autres instruments. Vous pouvez par exemple placer des pièces d’artillerie ou de DCA de différentes tailles, mais toutes les tailles ne conviennent pas à tous les navires et un perte de précision est à prévoir si vous voyez trop grand. Les avions sont divisés en trois sortes : chasseurs, bombardiers et bombardiers-torpilleurs qui favorisent respectivement la supériorité aérienne, l’attaque directe et le bombardement préventif. A cela il faut ajouter l’avion de reconnaissance, indispensable pour progresser comme on l’a vu. Des équipements annexes comme le sonar et les mines marines permettent d’augmenter les dégâts infligés aux sous-marins, tandis que module de réparation pourra vous sauver la mise dans les pires moments. Tout cela ne va pas sans un obstacle de taille au niveau de la lecture : partiellement écrit en japonais d’avant 1945, Kan Colle kai regorge de vocabulaire militaire extrêmement pointu que seuls les plus maniaques pourront maîtriser.

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Reste une question centrale : comment faire grandir son armée ? Comme dans n’importe quelle marine, en fait : dans des chantiers navals. Vous allez donc… construire des filles! Etant dans un jeu de stratégie, il faut pour cela des ressources. Chaque hexe recèle de l’acier, du pétrole, de la beauxite ou des munitions. Une fois un territoire maritime sous votre contrôle, ces ressources seront ajoutées à votre total à chaque tour, en quantité plus ou moins importante. La beauxite est très rare mais permet de faire les précieux porte-avions : les territoires qui la contiennent doivent être pris et défendus en priorité. Mais ce n’est pas tout, car il faudra pour cela des barges de transports (non personnifiées, celles-là) pour les engranger.

Les barges étant sans défense est susceptibles d’être coulées pendant le tour de l’ennemi, vous devrez affecter des unités de votre armée dans des groupes d’escorte. Des escort-girls, en quelque sorte… Les munitions et l’essence servent également a ravitailler vos groupes entre chaque tour, d’où l’importance de sécuriser les transports. Notez que vous pouvez aussi passer par la boutique d’Akashi et dépenser vos points en ressources quand les fins de mois sont difficiles. Mais il sera plus judicieux de les garder pour acquérir des droits d’extension : vous pourrez par exemple disposer de plus de docks de réparation, de construction ou augmenter la limite de votre armée.

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La construction se faisant à la manière des captcha des jeux free to play japonais, l’obtention des unités se fait de manière plus ou moins aléatoire. Certes, il existe des combinaisons de ressources type qui ont été normalisées par les soluces participatives, mais vous finirez très vite par avoir des doubles. Chose qui ne sera jamais en pure perte, puisque que vous pouvez améliorer les statistiques des personnages en sacrifiant une autre unité. Après avoir atteint un certain niveau, les filles peuvent même évoluer en des types de navires plus performants. Les soeurs Chiyoda et Chitose passent par exemple de porteur d’hydravions à porte-avions léger. Ce n’est pas par hasard : la marine japonaise a en effet perfectionné le Chiyoda et le Chitose en 1943! Groupe de six, obtention aléatoire, évolution… vous l’aurez compris, Kan Colle kai ré-applique à la perfection la recette de Pokémon.

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Plus vous conquêtes avanceront, plus l’armée des Abysses se fera aggressive dans ses tenatives de reprendre les zones qu’elle a perdue. Et là, croyez-moi, la croisière ne s’amuse plus du tout. Les hexes contestées vont virer au jaune, à l’orange, puis au niveau d’alerte maximal, le rouge. Si aucune flotte n’est présente, vous perdez d’un coup les quatre zones qui la composent, plus celle qui vient directement avant! La prise d’une seule hexe nécessitant de nombreuses heures, voire des jours, ceci est loin d’être anodin. Dans les derniers stades de la campagne, l’ennemi ne vous laisse aucun répit et lance des offensives partout sur la carte. Il est alors impératif de stationner des flottes au endroits stratégiques et d’anticiper les mouvements de l’adversaire. Fort heureusement, un certain nombre de missions secondaires vous auront permis de monter le nombre de vos flottes sur la carte à huit. La stratégie dans Kan Colle kai devient de plus en plus exigeante au fur et mesure de votre progression, la passion ne fait que grandir avec l’étendue toujours plus grande des défis. Exactement, en somme, comme dans un Advance Wars…

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Il y a trois niveaux de dégâts dans le jeu de Kadokawa : léger, moyen et critique. Si votre navire de tête atteint un niveau de dégâts critique, votre groupe bat en retraite et vous devez tout recommencer. Privilégiez les bâtiments de gros tonnage. Pour faire encore plus monter la pression, la mort dans Kan Colle kai est définitive. Un personnage coulé ne reviendra jamais (sauf si on le reconstruit). Et contrairement au joli monde de Fire Emblem Fates, ici, ce n’est pas désactivable. Une shipgirl qui a subi des dégâts critiques peut mourir à tout moment, provoquant cette tension énorme qu’on ressent dans les Fire Emblem de la vieille école : on prie bien fort pour que le boss tire à côté, on exulte quand son bataillon au bord de l’effondrement arrache la victoire tactique.

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Il faudra certes composer avec la modeste 2D d’origine, très peu animée : Kan Colle kai est un portage du jeu disponible sur internet et ne profite pas de la 3D de Kan Colle Arcade. Kantai Collection arrive néanmoins avec un design original et populaire qui n’est pas étranger à l’explosion du marchandising : même l’armée des abysses, entre ses figures difformes et ses “princesses” qui n’ont rien à envier à vos héroïnes, a été travaillée pour en faire des adversaires qu’on oublie pas.

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L’environnement sonore est lui très bon, avec des bruitages assourdissants et une bande originale variée qui va de la marche militaire douce dans les menus aux symphonies grandioses dans les stages décisifs. Les thèmes MI Sakusen et Hatsurei! Daiichigô Sakusen démultiplient la puissance de ces missions coriaces. Seules les tirades, très répétitives, peuvent agacer. Vous avez en outre la possibilité d’arranger le décor de la base pour chaque flotte avec les nombreuses pièces d’ameublement déblocables moyennant des jetons spécifiques.

Rare exemple de jeu de stratégie à la japonaise, Kan Colle kai allie système de jeu complexe et challenge de taille. Son génie tient autant dans son gameplay que dans son design osé, ce dernier ayant atteint une richesse certaine depuis les débuts de la licence. Un concept impressionnant qui emprunte aux grands noms de la stratégie nippone pour construire un jeu aussi unique que passionnant.

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