Test – Superdimension Neptune vs Sega Hard Girls

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Ca va mal pour la série Neptunia. Les ventes de la série sont en chute libre au Japon, Superdimension Neptune vs Sega Hard Girls ayant réalisé un plus bas historique fin novembre 2015. Le titre a eu la malchance de débarquer juste après un MegaTagmension Blanc + Neptune vs Zombies assez catastrophique, mais avait-il vraiment les qualités pour renverser la tendance ?

Superdimension Neptune vs Sega Hard Girls est un spin-off de la série Hyperdimension Neptunia centré sur le personnage de IF (arrivée deuxième de dernier vote de popularité) et les personnages représentant les consoles Sega, à savoir Neptune, Nepgear, Uzume et Plutia. De ce fait, vous n’y verrez pas Noire, Blanc, Vert ou tout autre personnage présent dans les épisodes principaux. En contrepartie, ce crossover accueille des invitées de marque : les Sega Hard Girls, personnages représentant les consoles Sega dans une autre licence. La Megadrive, la Game Gear, la Saturn et la Dreamcast (que vous avez pu apercevoir dans la mode histoire de Dengeki Bunko Fighting Climax) prennent la forme de de jeunes filles nommées tel quel. On a donc des consoles Sega qui affrontent d’autres consoles Sega, signe que quelque part, on a un peu perdu de vue le concept originel.

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L’univers du dernier jeu de Compile Heart n’est donc pas le monde du jeu vidéo en général mais la situation de Sega au cours des années. En clin d’œil, un niveau tout entier a été construit à l’image du parc à thème Joypolis situé en baie de Tokyo, et propriété du groupe Sega-Sammy. L’histoire s’ouvre sur un monde aride et dévasté, présent d’un Sega constructeur qui a perdu, où IF recueille une jeune fille amnésique appelée Segami. Depuis la grande bibliothèque qui leur sert de base, IF et Segami vont s’employer à corriger l’histoire pour assurer un futur meilleur. Il faudra donc remonter différentes époques, celle de la Megadrive étant symbolisée par l’antiquité, ou celle de la Game Gear par la révolution industrielle. Mais la comparaison qu’on pourrait faire avec Chrono Trigger s’arrête là, car le voyage dans le temps dans Superdimension Neptunia vs Sega Hard Girls ne vient pas vraiment servir la narration.

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Le but ultime consiste à vaincre le Dévoreur d’Histoire, qui mange des pans entier de l’histoire et la falsifiant. Ce boss final est accessible très vite, mais il est évidemment bien trop fort au début du jeu (car par exemple il se régénère un grand nombre de HP par tour). Il faudra compléter tout un tas de quêtes scénario ou annexes, chaque quête validée affaiblissant un peu plus le Dévoreur d’Histoire (ou plus exactement, il ne peut pas se renforcer par les quêtes non validées). Le problème est que Superdimension Neptunia vs Sega Hard Girls tombe dans le piège du trop-plein de quêtes annexes, qui dans la série sont peu passionnantes, surtout à haute dose comme ici. Aller chercher trois fois le même objet, battre 5 fois un type d’ennemi… la majeure partie du jeu consiste en d’éternels aller-retour entre les différents donjons pour trouver tel objet ou tel ennemi. Les niveaux sont très basiques et ne changent pas foncièrement depuis les ReBirth sortis sur le même support. On ne retrouve pas les efforts aperçus dans Hyperdimension Neptunia V2 pour élaborer un level design plus complexes, et ce malgré la verticalité de certaines zones.

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A l’instar de MegaTagmension Blanc + Neptune vs Zombies, l’histoire est très mince et la narration manque cruellement de consistance. Le jeu ne fait que raconter la pseudo-guerre entre le camp de Neptune et les Sega Hard Girls, sans grande richesse du côté parodique, ni en ce qui concerne les illustrations (jolies mais trop rares) ou les événements de scénario rudement banals en regard à ce que la série a proposé par le passé. On est en droit d’attendre quelque chose de beaucoup plus séduisant de la part de Compile Heart en la matière. On se consolera avec l’humour bien présent, notamment grâce à une Neptune plus loufoque que jamais : transformée en moto dans cette épisode, la figure emblématique de la série enchaîne les vannes en filant la métaphore motarde tout au long du jeu! Techniquement, le moteur de ReBirth1 a pris un petit coup de vieux après l’exploit technique de MegaTagmension Blanc + Neptune vs Zombies, mais ça reste très correct pour la portable. On notera une plutôt bonne bande originale avec des thèmes de combat entraînants, à l’image de Going Down.

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Felistella réforme le système de Hyperdimension ReBirth1 pour ce nouvel opus : la construction de combos est abolie au profit d’une jauge d’action. Chaque mouvement (se déplacer, attaquer, utiliser un objet, etc.) consomme ladite jauge. On peut donc gérer son tour en réalisant plusieurs actions différentes, tout en restant attentif à ne pas dépasser la limite de la jauge car le prochain tour de personnage serait alors retardé. Paradoxalement, on ira peut-être risquer de voir un tour sauter pour profiter de l’overcharge : ceci désigne un combo final exécutable en maintenant la touche d’attaque appuyée, envoyant la jauge dans le rouge. On peut ainsi rajouter un dernier coup puissant, juste avant la fin de son tour, en plus des actions standard. Un système intéressant qui pose des choix stratégiques : le personnage doit-il pouvoir rejouer vite ou pas ? Comment dois-je le placer sur l’aire de combat pour qu’il accomplisse son rôle au mieux.

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Superdimension Neptunia vs Sega Hard Girls introduit pour la première fois un système de jobs dans la série. Ne modifiant ni l’apparence des personnages ni leur équipement, ce système est plus proche des «titres» de Tales of que d’un pur système de jobs. Quoi qu’il en soit, les filles peuvent être Aventurière, Sorcière, Paladin, Savant, Berseker, etc, ce qui modifie la répartition des statistiques et permet l’accès à de nouvelles capacités. Autre point d’intérêt, le jeu vous demandera de choisir une formation, qui peut donner de gros avantages offensifs ou défensifs. Ces formations, qui sont à débloquer en trouvant des balles de base-ball (!) cachées dans les niveaux, ont des effets impressionnants comme défense & défense magique+100, attaque+300 ou le privilège de dépasser les sacro-saints 9999 points de dégâts. Seul bémol : on ne récupère pas ses MPs à la base. La récupération en combat est extrêmement lente et ça limite grandement l’utilisation de la magie ou de la forme déesse.

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Bon point, Superdimension Neptunia vs Sega Hard Girls n’est ni linéaire, ni dirigiste. Vous avez très rapidement accès à toutes les époques et à de nombreux niveaux, auxquels viendront se rajouter beaucoup d’autres. On s’aperçoit vite que certains sont beaucoup plus difficiles que d’autres, et il faudra donc trouver soi-même l’ordre logique des missions, au prix de quelques game over intempestifs. Les boss en particulier sont monstrueusement forts. Si puissants que pour certains, il faudra revenir une dizaine voire une quinzaine d’heures plus tard! Bref, la liberté de jeu est appréciable et tranche avec le dirigisme des précédents. Les différents personnages s’obtenant très progressivement, le jeu a la bonne idée de fournir des «copies» des dits personnages (officiellement, du reverse engineering fait par Histoire dans la Grande Bibliothèque du Temps) afin que vous puissiez commencer à les utiliser, et surtout à les entraîner, plus tôt.

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Malgré cela, la montée en puissance des personnages est encore trop lente pour une raison parfaitement stupide : Felistella a décidé de mettre un level cap sur les jobs. Pire, pour enlever ce level cap, il faudra faire… plus de quêtes annexes! C’est là que ça devient très fatiguant, car l’extension des slots de capacité et l’acquisition de jobs plus puissants vous demanderont aussi de trouver divers objets rares. Certains sont vraiment très difficiles à obtenir, si bien qu’on peut rester coincé au niveau 20 pendant des heures parce le monstre ne droppe pas son item ou qu’on arrive pas à débloquer tel donjon. Résultat, une galère pas possible dans les derniers stades de l’aventure, heureusement adoucie par le mode facile accessible à tout moment et par le multiplicateur de dégâts de Megadrive.

L’année de Neptunia s’achève comme elle a commencé, par un jeu très inégal. Superdimension Neptunia vs Sega Hard Girls est à l’image d’une année noire pour la série, affaiblie par une crise identitaire et perdue dans ses contradictions de gameplay. Malgré un humour toujours efficace et un système de jeu rénové, cet ultime épisode de l’année reste trop pauvre en termes de narration et de situations pour être convaincant. Au manque d’idées, d’audace s’ajoute une progression laborieuse. Cyberdimension Neptunia Online est attendu au tournant et devra répondre à tous ces manquements l’an prochain.

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