Test – Overwatch

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Overwatch est un FPS. A la lecture de ce mot, vous avez probablement fait une ou plusieurs des associations d’idées suivantes : «gris», «superficiel», «poussif», «dirigiste» «d’occaze», «pas drôle»… Mais non, pas aujourd’hui! Car Overwatch est un FPS multijoueur qui casse complètement les codes du genre, au point de le révolutionner complètement.

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Je ne faisais pas vraiment attention à ce jeu jusqu’à 3 jours avant sa sortie, quand les artworks de D.Va ont commencé à envahir twitter. Comme quoi, le marketing social, c’est pas tellement des conneries… Comme quoi aussi, le design général de Overwatch est puissant, très puissant. Dans la vision du génial développeur Blizzard, il n’y a pas de soldats mais des héros, comme on les appelle. Au choix de l’arme dans un FPS classique se substitue le choix d’un personnage ayant sa propre personnalité et sa spécialisation. Adieu les avatars sans âme, on va jouer des persos drôles et charismatiques qui vont nous accompagner comme de bons personnages de RPG.

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Surtout que le développeur a fait des merveilles pour que chacun s’y retrouve : du soleil levant ou soleil couchant, il y a forcément un perso pour vous dans les 21 présents. McGree le Cow-boy tire plus vite que son ombre, Genji le Ninja peut renvoyer les projectiles avec son sabre, Tracer l’agent très spécial peut remonter dans le temps et regagner les HP perdus, etc. Overwatch reprend à son compte tous ces clichés qu’on adore et leur donne des applications de gameplay très concrètes. S’il n’est pas renversant sur le plan graphique (les textures sont très moyennes), la foule d’animations aussi originales que réussies rendent ce FPS compétitif incroyablement vivant. De plus, les héros on tous des petites tirades là aussi méga-cliché, mais super marrantes. Cerise sur le gâteau, ils s’expriment parfois dans leur langue natale! Genji lance par exemple un tonitruant 勇刃の剣を喰らえ! au moment de sortir son sabre spécial. Widowmaker exprime son impatience en français et Mercy en suisse. Tous ces éléments en font d’entrée un FPS pas comme les autres et l’attachement vis-à-vis des personnages est immédiat.

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En termes de gameplay également, Overwatch enlève un peu la poussière qui commençait sérieusement à s’accumuler sur l’édifice FPS. Les personnages sont classés en «rôles» qui tiennent plus du RPG que du jeu d’action : il y a les attaquants, les défenseurs, les personnages «tank» et de soutien. Widowmaker, sniper de son état, est toute trouvée pour la défense des objectifs puisqu’elle peut éliminer en 1 ou 2 coups ses adversaires de très loin. Tracer en revanche, rapide et imprévisible, est clairement taillée pour mener l’offensive. A côté de cela, les persos «tank» comme Reinhart ont beaucoup de PV ainsi que des capacités défensives pour endurer les assauts. Ils viennent donc faire diversion et désorganiser l’équipe adverse. Les persos de soutien eux, soigneront leurs alliés pour les faire tenir sur le ligne de front. Les combinaisons de rôles et la profondeur stupéfiante du gameplay de chaque personnage rend le tout extrêmement tactique et complexe. Les possibilités de jeu semblent infinies et il y a un vrai apprentissage à faire pour se perfectionner toujours plus.

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C’est très paradoxal, puisqu’Overwatch a bien peu de modes de jeu pour un titre uniquement multijoueur. Les cartes sont relativement nombreuses, mais chacune se joue toujours sur le même format. Liujan Tower propose systématiquement de jouer en domination (contrôle d’un zone préalablement neutre), Hanamura est toujours en mode défense de territoire et Route 66 exigera toujours que les attaquants poussent le sacro-saint payload (sorte de grosse charrette). Rien de plus au menu concocté par Blizzard, ni match à mort en équipe, ni mêlée générale. Dommage, mais même en l’état, impossible de s’ennuyer dans les parties car les cartes sont dans l’ensemble bien construites et les objectifs bien placés, permettant tantôt un jeu à longue distance pour les défenseurs ou des combats rapprochés dans d’autres. Cela donne des parties bien équilibrées où l’on peut être performant et s’amuser sans avoir à s’entraîner des semaines pour maîtriser le jeu. En outre, Overwatch volarise le fait de soigner ou soutenir ses partenaires, et sauvegarde automatiquement vos meilleures killstreaks. Plus user-friendly, tu fais pas.

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Les héros ont tous un panel de techniques plus ou moins déjantées liés à leur rôle : D.Va peut déployer une barrière électromagnétique pour absorber les dégâts, Tracer peut se téléporter au point d’en devenir complètement intraçable, widowmaker pose des pièges empoisonnés, Genji balance des shurikens, etc. Chaque personnage à 2 ou 3 actions propres classes ou rigolotes qui sont super-jouissives à exécuter, sans parler de la technique ultime, longue à charger mais qui peut faire un gros carton quand on apprend à la placer. Donc pour ce qui est des personnages, j’en retiendrai pour ma part cinq.

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C’est le sniper de ce jeu, donc elle est clairement faite pour moi. La lunette de son fusil s’active en visant avec L2, avec chargement du tir pour envoyer un pruneau à pleine puissance. A l’inverse il aura un mode automatique en hip fire pour le corps à corps, quoique juste assez puissant pour finir un ennemi blessé. C’est la composition de certaines cartes et leur verticalité importante qui fait la force du perso : le Temple d’Anubis par exemple du côté défenseur a de nombreux endroits surélevés d’où on peut stopper net la progression des attaquants. Widowmaker ayant un grappin pour se hisser en hauteur, c’est pratiquement la seule à y avoir accès.

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Hanzô est un perso bien classe mais j’ai relativement du mal à l’utiliser, en raison de l’absence de grossissement par rapport à Widowmaker. Il combat en effet avec un arc, mais ses flèches sont très puissantes pour compenser leur manque de précision! Sa cadence de tir est assez bonne, permettant aux joueurs les plus entraînés de faire un carnage à mi-distance. Il est également très utilisé pour faire du contre-sniping. Sa technique ultime est puissante et polyvalente, il lance deux énormes dragons droit devant lui sur une très longue distance.

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Sûrement le personnage le plus intéressant à jouer du jeu. Genji est le frère de Hanzô, et maîtrise lui aussi l’art du combat japonais. Il va lancer des shurikens en attaque de base, mais je les trouve peu puissants en regard à leur cadence pour jouer dans la mêlée : comme Hanzô, il faut jouer à mi-distance en guerre de position. Sa technique R1 est absolument géniale, puisqu’il sort son sabre pour dévier les projectiles et les retourner aux assaillants : ceux-ci meurent de leurs propres balles! Mais là encore, c’est trop faible pour en faire un véritable atout. Il sort un sabre surpuissant lors de sa technique ultime, mais son faible nombre de PV limite l’efficacité des assauts. J’adore ce perso mais ses stats sont beaucoup trop basses.

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Je pensais que les persos de soutien seraient compliqués à utiliser, mais non. Mercy possède un Caducée qui soigne avec R2, ou augmente les dégâts des alliés avec R1. C’est très facile car le jeu vous montre les coéquipiers qui ont besoin de soin (ils apparaissent en jaune) et c’est fantastique pour le jeu en équipe. Quand elle doit se battre, il est possible de switcher pour son blaster avec la flèche de droite.

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Le meilleur perso, et pas seulement parce qu’elle a un corps de rêve et un plugsuit à la Evangelion. La jeune coréenne effrontée part dans un mech doté de 500 PV : c’est moins que les autres persos tank, mais la machine est ultra-mobile et peut esquiver sans mal quand le bouclier magnétique se recharge. Mieux encore, les canons n’ont pas besoin de recharger!!!! Cela fait de D.Va un cauchemar pour les attaquants, puisqu’elle peut exercer un tire de barrage continu, même à longue distance! Quand son ultimate est chargé, D.Va s’éjecte de son mech en ayant auparavant enclenché l’auto-destruction, dont l’onde de choc ne manque pas de surprendre les adversaires, un peu comme ça :

Mais ce n’est pas fini, car elle peut continuer à pied armée d’un blaster à la puissance et à la portée appréciable, puis refaire appel à son robot quelques instants plus tard!

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Des regrets? Oui. Trop de personnages disposent d’une visée automatique, les lances-roquettes/grenades et les tourelles sont trop puissants. C’est pénible, car à côté ceux qui jouent des persos complexes font des efforts. L’autre chose, c’est l’absence de mode histoire. Certes, on peut jouer contre l’IA pour souffler un peu (c’est toujours sympa), mais avec un tel character design, c’est presque criminel de ne pas proposer un cadre narratif. Le pire, c’est que cela a été fait par des vidéos promotionnelles avant la sortie, mais rien de tout cela dans le jeu hormis l’intro : pour connaître l’histoire des personnages, il faut aller sur le site officiel…

On pourrait donc critiquer le volume général de contenu. Mais ce n’est là probablement que le début pour la licence de Blizzard, qui fait une entrée fracassante sur le marché du FPS. C’est impossible de s’arrêter de jouer tant le charme du design et la complexité du gameplay opèrent à 200%. Overwatch renverse vraiment la table en ce printemps et ne devrait avoir aucun mal à s’imposer comme le FPS de l’année.

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