Test – Nights of Azure

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Nuit ou pas nuit? Telle est la question. Avec sa version occidentale Yoru no Nai Kuni (littéralement “le pays sans nuit”) retrouve la nuit dans son titre. Indépendamment de ces considérations ontologiques, Nights of Azure est un jeu important pour Gust qui, après l’insuccès de ses deux derniers Atelier, entend réaliser un coup de poker avec une nouvelle licence et un nouveau genre.

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L’histoire de Nights of Azure, si elle se veut empreinte de mysticisme, est en réalité bien moins complexe qu’elle en a l’air. Le monde est en proie à la résurrection de l’Esprit de la Nuit, ce qui produirait la Nuit Eternelle et l’anéantissement du monde. Arnice est un agent envoyé par l’Eglise qui arrive à Luthwal pour assurer la protection de Lulitith, sainte pressentie pour renouveler le sceau de l’Esprit de la Nuit. Seulement voilà, les deux jeunes filles sont plus que copines et refusent que l’une risque sa vie pour l’autre. Cela pose d’entrée le thème de Nights of Azure : le yuri, autrement dit l’amour entre deux femmes. Ce n’est cependant pas l’aspect le plus intéressant du jeu : les scènes de tendresse entre Arnice et Lulitith ainsi que leurs inévitables querelles sont beaucoup trop classiques pour émouvoir véritablement.

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On appréciera en revanche l’atmosphère bien particulière de Nights of Azure qui n’hésite pas à combiner mystère et humour bête. Le duo formé de Lloyd et du professeur Arukado introduit une sorte de comedia del arte parallèle au scénario. Les deux personnages se détestent cordialement et n’auront de cesse de faire tourner Arnice en bourrique avec leurs histoires louches et leurs requêtes loufoques. Lulitith, ingénue et nulle en cuisine, n’est pas en reste et sera a l’origine des situations assez drôles. En marge de cela, Nights of Azure distille suspense et mystères comme le l’insaisissable brother d’Arnice ou l’inquiétant Pape et ses instructions contradictoires. Le design gothique et les musiques d’ambiance graves ou inquiétantes jouent beaucoup dans le côté bizzaroïdement séduisant de Nights of Azure qui vous envoie dans des environnements improbables comme une fête foraine, un musée ou un opéra. La fin surprenante conclut l’aventure de manière fort intelligente, en renversant complètement la perspective du scénario et la morale de l’histoire.

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Nights of Azure est une première pour Gust puisque le développeur de Nagano livre ici un Action-RPG et non du tour par tour comme il en avait l’habitude. Arnice possède 5 armes différentes qui se débloquent au fur et à mesure : une épée longue, un sabre d’une taille aussi impressionnante que la Masamune de Sephiroth, des dagues, un mini-canon et un marteau de guerre. Hormis l’arme à feu, chacune d’entre elles donne lieu à un unique combo plus ou moins long avec un finish différent en fonction du nombre de coups, ainsi qu’à une attaque spéciale plus puissante. Bien qu’il soit intéressant de jongler entre ces différentes armes pour tirer parti de leurs spécificités en fonction des situations, les coups manquent franchement d’impact et les combats standards finissent assez vite par être monotones. En outre et malgré la possibilité d’éloigner la caméra pour voir l’ensemble du champ de bataille, la lisibilité de l’action est probablement à revoir. Cela donne une jouabilité pas suffisamment précise, intense ou immersive pour un jeu d’action. Ca manque vraiment de «punch», c’est trop mou et trop facile pour satisfaire quand on a joué à Final Fantasy Type-0 ou Senran Kagura. Précisions aussi que les niveaux sont en temps limité, même si c’est rarement pénalisant : la marge est tellement large qu’on ne fait très vite plus du tout attention au chrono.

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Le gameplay de Nights of Azure ne se résume heureusement pas à ça et introduit des éléments inédits. Arnice sera en permanence escortée de quatre démons appelés Servants qui vont combattre les groupes d’ennemis en même temps que leur maître. Le joueur peut leur donner un certains nombre d’instructions, dont celle de déclencher leur attaque spéciale. Les monstres, une trentaine différents, ont des rôles bien délimités : soigneur, mage, attaquant physique, défenseur… à vous de construire des groupes équilibrés pour affronter la nuit, sachant que vos monstres montent eux aussi de niveau et qu’il faudra les entraîner pour qu’ils tiennent le coup. Les Servants s’obtiennent à partir d’objets spéciaux (rarement) lâchés par les monstres sur la carte, ou plus simplement moyennant finances chez les vendeurs ambulants installés dans les donjons.

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J’ai dit finances? En fait non, car dans ces cas là il vous sera demandé du Blue Blood en échange. Le Blue Blood qui s’obtient en plus ou moins grande quantité après chaque combat est une ressource centrale dans Nights of Azure puisqu’il sert non seulement à acquérir puis à matérialiser vos futurs compagnons démoniaques, mais est aussi consommé pour faire monter Arnice de niveau! Vous l’aurez compris, la ruée vers le sang bleu ne fait que commencer et elle sera longue.

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Il faudra passer beaucoup de temps dans les menus pour parfaire sa préparation, puisque Nights of Azure regorge d’équipements excentriques en tous genres, comme des cartes de tarot ou un tableau expressionniste. Tous ceux-ci ont des propriétés extrêmement précises et variées, et faudra bien les lire car attention, certaines sont des malus! Comme Arnice, les servants peuvent également être équipés d’objets : certains accessoires à statistiques fixes sont d’une grande aide pour les créatures fraîchement obtenues, mais devront être remplacés plus tard. Vous aurez aussi un certains nombre de skills passifs à débloquer progressivement, en premier lieu ceux octroyant les nouvelles armes, d’autres allongeant la durée des transformation ou augmentant le nombre de decks de monstres.

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Dernière chose et pas des moindres, Arnice peut elle-même se transformer pour un court instant en être fantastique pendant les combats quand la jauge prévue à cet effet est remplie. Là encore, à vous de choisir en fonction de la stratégie de combat que vous voulez établir. L’Armor form dispose d’une puissance et d’une défense hors normes mais ralenti considérablement le personnage. A l’inverse, la Rabbit form permet d’enchaîner les combos quasiment sans interruption sur une grande surface, la Phantom form n’ayant elle pratiquement aucune capacité offensive et vient essentiellement soutenir les servants. Là encore, votre deck de monstres sera primordial puisque c’est lui qui va décider quelle forme va s’appliquer. Chaque Servant a des points d’affinités avec telle ou telle forme et faudra au moins 10 points pour la forme que vous souhaitez dans un même groupe soit valide. Vous pouvez progressivement embarquer jusqu’à 4 groupes de 4, donc autant de transformations différentes si vous vous organisez bien.

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Les boss de Nights of Azure viendront régulièrement sortir le joueur de la torpeur dans laquelle les combats ordinaires l’auront plongé. Gust a en effet préparé des affrontements complètement délirants et parfois jubilatoires avec là encore un design original et quelques surprises à vous faire sursauter. Les compositions y sont totalement grandioses et viennent compléter une bande originale qui est un véritable trésor. On en attendait pas moins, le développeur étant coutumier du fait. Mention spéciale pour le combat final, extrêmement ardu et impressionnant qui pousse le joueur dans ses derniers retranchements et nécessite une préparation, une endurance et une adresse sans faille. C’est malheureusement la seule vraie force de Nights of Azure sur le plan du gameplay, tout le contenu annexe étant anecdotique hormis un post-game plus qu’intéressant. Les défis du colisée proposent un challenge intéressant, mais les quêtes annexes consistent toutes à tuer tel ou tel type de monstres ou se rendre à un point A ou B de la carte. Même en ayant complété une bonne partie de celles-ci, j’ai bouclé en une vingtaine d’heures, ce qui est en-dessous de la moyenne des JRPGs.

Si Nights of Azure est indubitablement une incursion intéressante de Gust dans le monde de l’action-RPG, son manque d’intensité général le pénalise grandement face aux ténors du genre. La direction artistique comme musicale reste cependant très efficace et le jeu a ses très bons moments, aux rangs desquels sa fin en apothéose.

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