Paris Games Week 2015 Sony – l’Ombre de l’Empire

Palpatine

Rien ne pouvait préparer à cela. Paris, bourgade paisible du monde vidéoludique, allait être brusquement précipitée au centre du jeu. Pour cette première conférence constructeur lors de salon français Paris Game Week, Sony en ce 27 octobre donne à la France un rayonnement inattendu par une conférence d’un calibre monumental au regard du jeune salon francilien.

La présentation commence néanmoins sur un rythme pépère, les premières minutes sont par exemple consacrées à une rétrospective de l’année assez peu pertinente. Puis on enchaîne sur du connu : Call of Duty Black Ops III, Horizon Zero Dawn, Street Fighter V, Tekken 7, etc. Harada et Ono ont beau être des hommes de scène expérimentés, la fausse surprise de Dhalsim dans Street Fighter V et de l’arrivée de Tekken 7 sur PS4 ne crée pas le show, et ce sont pas quelques motos dans DriveClub qui vont renverser l’auditoire. On apprend en revanche que l’exclusivité du contenu additionnel de Black Ops III sur le Playstation Store sera bien de 30 jours. Les aficionados n’ont plus le choix : il faudra qu’ils laissent leur Xbox au garage.

MF

Arrivent les annonces, les vraies. Le studio Housemarque, déjà responsable du très remarqué Resogun, dévoile Materfall, un jeu de shoot a priori cette fois à la 3e personne. Boundless par Wonderstruck est un jeu d’aventure dans un univers heroic-fantasy un rien enfantin qui semble être à la croisée d’une myriade de monde différents dont les portes sont des miroirs. Les deux projets sont assez nébuleux, mais viennent s’ajouter à longue liste des exclusivités PS4.

Les poids lourds sont aussi là et ils dépotent. Star Wars Battlefront lâche un ultime trailer avant de rejoindre les rayons où il ne séjournera probablement pas longtemps. Alors que les bande-annonces de l’E3 et de la Gamescom étaient déjà remarquablement époustouflantes, cette dernière les surpasse encore en tout. Le choix de la musique de début, le regard du soldat rebelle alors que Ackbar les exhorte à ne pas laisser tomber devant l’avancée impériale, Dark Vador investissant la base et l’Empereur savourant sa puissance avec l’Etoile Noire en fond… tout à été millimétré pour que le fan de Star Wars retrouve la puissance émotionnelle de la trilogie. Et graphiquement, mon dieu… jamais une console n’a affiché des scènes de bataille comme ça, avec des explosions dans tous les sens, des vaisseaux qui passent à droite et à gauche sous des pluies de lasers! Rendez-vous le 19 novembre, ça va déménager et pas qu’un peu…

No Man’s Sky se remontre avec un court trailer également bien mis scène, mais surtout, et c’est sa marque de fabrique depuis sa révélation à l’E3 2014, il imprime un tempo parfait avec sa musique de fond. Le jeu a encore progressé graphiquement depuis la dernière fois et concrétise de plus en plus son immense galaxie. On rappelle que le concept est celui d’un explorateur partant vers l’inconnu sur des planètes distantes, avec tout ce que cela suppose de d’étranges formes de vie, de paysages et de conflits galactiques. C’est toute la force de ce titre qui réveille un vieux rêve, celui de l’aventure spatiale avec un grand A, comme il a été défini par 2001, L’Odyssée de l’Espace il y a plus de 40 ans. On sait maintenant qu’il ne sortira sur aucune autre console que la PS4.

On a aussi la bonne surprise de revoir Kat à travers quelques séquences d’action de Gravity Daze 2 qui montrent combien la PS4 est utilisée à bon escient (il manquerait plus que ce soit pas le cas, vous me direz…). Les couleurs sont infiniment plus riches que sur l’épisode original PSVita, et les décors ont énormément gagné en interactivité. Kat n’est pas seule dans cette Paris Game Week, puisque Raven apparaît également dans le cadre de tag battles, laissant entrevoir un alléchant mutijoueur potentiel. Ce débarquement en force du gaming japonais dans la capitale française est assurément très apprécié.

Robinson

Mais le point le plus surprenant de cette conférence reste encore la place très importante accordée au Playstation VR, la casque de réalité virtuelle de la PS4. Beaucoup de jeux sont montrés : RIGS se propose déjà de redéfinir l’e-sport avec sa étrange discipline jouée sur des mechas, Until Dawn rapprochera encore l’épouvante du joueur, Battlezone est en ligne de front, Tekken 7 est aussi de la partie et Robinson – The Journey de Crytek ressemble à un Jurassic World dont vous êtes le héros. On sent qu’on est vraiment très très prêt de la commercialisation au grand public, alors qu’hier encore la réalité virtuelle semblait être un fantasme intouchable réservé aux salons Hi-Tech.

C’est là qu’il convient de s’arrêter 2 minutes. Les jeux Playstation VR commencent à être de gros calibre, avec des développeurs qui répondent présents les uns après les autres. Donc les investissements dans cette technologie commencent à prendre une tournure très sérieuse alors qu’a priori on n’a aucune idée, et encore moins de garantie, que le jeu vidéo en réalité virtuelle est ludiquement viable! Cela traduit une très grande aisance de la part de Sony qui n’hésite pas à se lancer dans un pari high risk high return malgré l’incertitude totale du résultat. Il est clair en cela que le constructeur a déjà quitté la «simple» guerre des consoles pour amener le divertissement à un autre niveau et se placer en maître de l’innovation pour étendre sa suprématie. Je ne dis pas que ça marchera, mais les plans sont sur la table et ils sont ambitieux.

Mais la firme déroule encore et c’est le mythique Gran Turismo qui débarque sur PS4 dans sa version Sport. Point de numéro, la dénomination Gran Turismo Sport venant souligner l’important partenariat signé avec la FIA pour des compétitions conjointes entre réel et virtuel. Polyphony Digital est donc d’emblée dans le concret : durant la «saison» de GT Sport, vous aurez le choix de représenter votre pays ou votre constructeur automobile préféré. Le trailer est, comme d’habitude dans la série, d’abord centré sur l’amour des engins à quatre roues et anticipe déjà sur son côté universel. La musique et les images allant crescendo sont un autre point port de cette bande-annonce qui capte l’attention du joueur avec ses prototypes exotiques.

GT Sport peut passer les vitesses tranquillement : le récent Forza Motorsport 6 de Microsoft a été largement boudé par les acheteurs sa sortie, n’apparaissant pas dans les meilleures ventes européennes, et pas même à domicile aux Etats-Unis. La série Xbox est moribonde et le constructeur américain a donc perdu la course avant même qu’elle ne commence. Quoi qu’en disent les titres de presse à la crédibilité douteuse, les joueurs n’ont d’yeux que pour la simulation de Kazunori Yamauchi.

Wild

Michel Ancel vient alors (re)présenter Wild, son exclusivité PS4. Aucune entourloupe dans cette démonstration au gameplay on ne peut plus concret. Le joueur joue un Shaman capable de se faire aider et même de contrôler les animaux qui l’entourent. La monde très vaste et les différentes espèces présentes laissent entrevoir une jouabilité aussi riche que novatrice, avec beaucoup d’approches différentes dans la réalisation des objectifs.

detroit-ps4-game

C’est David Cage qui clot la conférence avec la révélation de son premier jeu PS4. Il prend pour cela le monde à témoin avec le succès populaire de sa courte (et assez ancienne) vidéo Kara. Le tricolore ne perd pas le nord et annonce que Detroit Become Human en contera la suite, qui tient en haleine des millions de personnes depuis 2 ans. Rien de substantiel cependant dans la vidéo présentée qui surfe le thème encombré de la frontière entre l’homme et la machine. Il faut remarquer ici que Sony achève sa conférence parisienne par les deux français les plus en vue de l’industrie du jeu vidéo : l’opération séduction est complète.

Ces conférences successives et la magnitude imprévisible de celle-ci n’indiquent qu’une seule chose : Sony Computer Entertainment se place en position de (re)bâtir son empire. Etats-Unis, Japon, Europe, la triade des conférences, l’empire sur lequel le soleil ne se couche jamais. Il avance plus vite, plus loin, et amasse plus d’exclusivités que les autres qui n’ont rien à répondre, Microsoft ayant grillé ses maigres cartouches dans une Gamescom ratée et Nintendo réapprenant encore péniblement comment tourner des Directs. Plus que la prise de parts de marché, de toute façon gagnées d’avance par le line-up écrasant et les partenariats inégalables, c’est le monde de l’entertainment tout entier que Sony défie ici. L’avenir nous dira s’il a vu trop grand ou non.

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