苦悶や惨苦を経て八回の来日 (8e fois au Japon, dans la douleur)

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Arnica, paré. Anti-inflammatoires de 75e génération, paré. C’est bon, je suis prêt à partir pour l’Archipel avec le tendon du 2e orteil en feu. Tel Job, les dieux ont décidé de tester ma foi en mon pays : je relève le défi, je ne suis pas revenu de l’enfer pour tourner les talons quand vient le grand moment.

Pas aidé par le froid sibérien qui règne sur l’Ile-de-France depuis bientôt six mois, je rejoins tant bien que mal ma sœur à Roissy. Les ennuis continuent, car on me dit à l’enregistrement que mon passeport est «limite» pour partir car proche des derniers six mois de validité. On me laisse partir, mais la hantise est réelle et l’angoisse m’envahit : après avoir affronté l’horreur, m’être traîné jusque-là avec un nerf quasi-sectionné, je n’allais quand même pas être arrêté PAR UNE PUTAIN DE DATE SUR UN BOUT DE PAPIER! Après une prompte vérification sur le site de l’ambassade du Japon, il s’est avéré que cette grognasse incapable et nonchalante avait tort : la douane japonaise accepte tout passeport en cours de validité.

Je peux donc embarquer sereinement sur un vol sans histoires. Le copilote avait le moral, le cuisinier moins, au vu de la chose non identifiée qui m’a été servie au petit-déjeuner. A côté de moi, un jeune homme lit le roman de Sword Art Online en français. Ne manquant jamais une occasion de faire jalouser les gens, j’allume Sword Art Online Lost Song sur ma PSVita, ce qu’il ne manque évidemment pas de remarquer.

Le soir venu, tout le monde est en forme malgré le décalage horaire pour un petit kaiten sushi sur la place de la gare à Akihabara. Le choix était bon, à défaut de prix raisonnables (2100 yens pour une demi-douzaine d’assiettes en un alcool). Le reste de la journée a bien entendu été utilisée à bon escient, mais nous en reparlerons demain.

selfie

L’heure est à l’écoute de Down to a Dusty Plain, mélodie sublimissime de Child of Light symbolisant la tristesse dans l’espoir, l’espoir dans la tristesse. Et bien sûr l’heure de se délecter de cet onsen improbable en plein cœur d’Akihabara, avec, tel un Job des temps modernes, le sentiment d’accomplissement d’avoir surmonté les épreuves.

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