Test – Tales of Xillia 2

Après l’immense succès de Tales of Xillia au Japon, l’aubaine était trop belle pour Namco Bandai qui s’est immédiatement lancé dans une suite. Sans surprise donc, Tales of Xillia 2 (ToX2) réutilise une bonne partie de ce qui existait avant (moteur 3D, décors, animations, etc.). Il part donc sur de bonnes bases et s’engage dans la difficile mission de surpasser son aîné.

ToX2 raconte l’histoire de Ludger, simple chef cuistot embarqué bien malgré lui dans une attaque terroriste. Au cours de cette mésaventure, il rencontrera le docteur Jude, ainsi qu’une étrange fillette lui demandant de le conduire à une terre promise appelée Canaan, où l’attend son père. Plus qu’une simple suite, le scénario de ToX2 prend une direction radicalement différente, les événements des ToX n’étant évoqués qu’au cours de quêtes annexes. Du coup, on se retrouve avec un jeu scénaristiquement presque aussi neuf que s’il était un épisode à part entière, d’autant plus qu’il apporte son lot d’originalités un peu bizarres.

Par les hasards du destin, le pauvre Ludger se retrouve surendetté. L’un des objectifs du début du jeu sera donc faire baisser votre niveau d’endettement. Soyons honnête, j’ai pas vraiment trouvé d’intérêt à ce système : a priori, il n’y a aucune limite de temps ni rien qui apporte de l’intensité à la chose. Certes, vos remboursements débloquent de nouvelles zones et l’idée d’avoir ses déplacements régulés par vos efforts pécuniaires est intéressante, mais il aurait été beaucoup plus sympa de rembourser de soi-même et d’avoir des objectifs plus clairs, car les sollicitations sont très arbitraires. De plus, la nana de la banque vous relance sans arrêt, parfois après chaque écran ou chaque fois que vous ramassez 2 centimes. Pour cela, j’ai franchement l’impression que cette simulation Cofidis était loin d’être indispensable.

Tout cela n’altèrera évidemment pas le plaisir de retrouver l’univers de Tales of Xillia, et surtout son système de combat. Celui-ci reste inchangé. Mais en même temps, il était parfait : on ne change pas une équipe qui gagne. Je pourrais vous redire combien il est dynamique, profond, varié, et spectaculaire, mais c’est déjà marqué là. Parlons donc de ce qui change. Premièrement, Ludger se joue très différemment des autres personnages : celui-ci utilise trois types d’armes (pistolets, marteau et épées) et peut switcher d’une à l’autre sur simple pression d’un bouton. La raison en est simple : en plus des traditionnelles forces/faiblesses élémentaires, le type d’arme utilisé va influer sur l’efficacité de vos attaques. Ceci dit, je ne suis personnellement pas très à l’aise avec ce système qui rend difficile l’exécution des joint attacks. En outre, Ludger à le privilège exorbitant de pouvoir se transformer, et de devenir ainsi invincible et surpuissant pendant quelques secondes. Cette faculté est régulée par une jauge qui se remplit très vite, c’est donc à consommer sans modération.

Myuse Leia

On souligne évidemment aussi l’apparition de Gaius et de Myuse en tant que perso jouable, ce qui n’est pas rien car ils étaient des «méchants» fort appréciables dans ToX et c’est avec un plaisir tout particulier qu’on les accueille du «bon» côté. Ils sont qui plus est très intéressants à jouer : Gaius, qui rappelle furieusement Sephiroth avec son long katana, se joue tout en contre et Myuse peut se téléporter dans tous les sens. Précisons encore que les ôgis ont été considérablement renforcées, tous ces éléments apportant pas mal de sang neuf aux combats. On peut encore changer a volonté entre les quatre personnages en combat, mais le jeu se permet de choisir votre équipe pendant l’histoire principale (en vous retirant parfois Elise, ce qui n’est pas pratique pour les soins). La difficulté peut toujours être ajustée en permanence pour un maximum de confort.

Tout l’aspect secondaire a été enrichi et revu. Il y a désormais une séparation entre les quêtes de guilde (missions de chasse, objets à récupérer, monstres Gigantos, requêtes de PNJs) et tout ce qui a trait à vos compagnons de route, dont chacun fait l’objet d’une histoire parallèle divisée en différents épisodes. Véritables histoires dans l’histoire, elles se déroulent tout au long du jeu et permettent d’apporter davantage de profondeur aux personnages et une certaine distraction narrative, voire une distraction narrative certaine, par rapport à la trame principale. En outre, le soft propose des mini jeux comme la recherche de tous les chats du jeu (que vous pouvez apprivoiser, voir la vidéo de gameplay ci-dessus) et du poker un peu comme dans Tales of Vesperia. Bref, il y a encore plus à faire que dans Xillia premier du nom, qui était déjà loin d’être vide. C’est juste bête que tout soit centralisé et guidé, au contraire de Xillia où les quêtes annexes se découvraient au hasard des rues. Autre petit bémol, la longueur des défis trophées a été multipliée par 3! C’était déjà long dans ToX, mais là, ça dépasse clairement l’entendement…

Mais là où ToX2 transcende complètement son prédécesseur, c’est dans la narration. Alors que ToX pouvait sembler plat (enfin surtout dans sa première moitié), ToX2 a le soin de laisser planer le mystère en permanence et d’entretenir le suspense à tous les niveaux. L’histoire ne cesse de surprendre par ses développements et pas mal de scènes sont aussi mémorables que dans un Xenoblade par exemple. La musique, qui réunit les meilleurs morceaux de ToX plus quelques nouveaux bien sentis, est utilisée à merveille. Ludger n’a pas de personnalité propre (il est d’ailleurs presque muet), ce qui est un choix délibéré pour que le joueur se fonde dans le personnage et fasse des choix scénaristiques. Même si ceux-ci n’ont guère d’importance au début du jeu, ils vont progressivement non seulement modifier votre affinité avec vos compagnons, mais aussi décider à la fin par quel épilogue vous allez conclure le jeu. La séquence de fin est tellement forte émotionnellement qu’en choisissant la «mauvaise» fin, j’ai jeté une manette à travers la pièce pour la première fois de ma vie.

Hormis le délire du surendettement qu’on lui pardonnera aisément, Tales of Xillia 2 a tout du JRPG d’anthologie. Rajoutant ce qui manquait à un Tales of Xillia déjà extraordinaire, il se classe sans mal dans le club très fermé des meilleurs JRPGs de la génération PS3, et même peut-être sur la plus haute marche du podium.

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