Test – Super Heroine Chronicle

Mel

Super Heroine Chronicle (SHC) part d’un principe simple : faire un gigantesque cross-over reprenant des héroïnes célèbres apparues dans les animes de ces dernières années. La parité n’étant pas à l’ordre du jour, les garçons ne sont pas invités. C’est donc entre filles que se règlera ce tactical-RPG au contenu conséquent.

Aria d

SHC fait un choix artistique que je ne partage pas, à savoir les personnages chibi (ou super-deformed, comme on disait dans le temps). A l’annonce de ce jeu, je me délectais déjà des voir mes héroïnes préférées modélisées en 3D, dans les bonnes proportions. Mais la vie n’est pas juste et on a pas toujours ce que l’on veux. Passé cette déception, force que constater que SHC a été tout de même rudement bien travaillé sur le plan visuel. Les animations sont très inventives et surtout respectent à la lettre l’univers des animes concernés, tout en étant à la fois drôles et montant constamment en puissance et en exubérance. Même si la variété n’est pas toujours de mise (3 à 6 attaques par personnage), c’est la première que je vois un tel développement sur cet aspect dans un T-RPG. De plus, le jeu à le très bon goût d’insérer des illustrations 2D animées des mêmes personnages au milieu des actions 3D, ce qui est du meilleur effet. Ajoutez à cela une bonne dose de poses plus que sexy et quelques cinématiques d’honnête facture, et vous avez un cocktail plus qu’attrayant pour les fan d’anime.

Jeanne d

Le gameplay a fait l’objet d’un soin tout à fait admirable et le game design est quasiment sans défaut. Les unités se répartissent en 3 types : sniper/archer, attaquant et défenseur. Le défenseur à l’avantage sur l’attaquant, l’attaquant sur le sniper et le sniper sur le défenseur. Dès cet instant, vous avez immédiatement pensé «Fire Emblem» et «Triangle des Armes» et vous avez raison. Le principe est similaire et il sera tout aussi crucial d’organiser le front en profitant de ces avantages. Surtout que le jeu est plus strict que Fire Emblem : il est rare d’éviter les coups ennemis et ceux-ci font très mal, et peuvent en plus déclencher des attaques de zone pas tristes. La mort n’est jamais définitive, mais les conditions de victoire sont parfois draconiennes : le jeu vous demandera parfois de protéger à tout prix tel ou tel perso (que, souvent, il mettra sans vergogne derrière les lignes ennemies), ou pire, n’en perdre aucun! Les défis sont parfois extrêmement corsés (une fois, j’ai gagné à une case près) et feront marcher vos méninges à fond par leurs mécanismes tordus. Cela va sans dire, le sentiment d’accomplissement quand retentit la musique de victoire n’en est que plus grand. Notez encore que les possibilités de soin sont limitées, surtout au début puisque le seul healer est… l’unique personnage masculin du jeu! Archétype de l’anti-héros pas sûr de lui, nul en attaque et constamment martyrisé par les filles, il prend de manière assez amusante à contrepied 25 ans d’histoire du JRPG.

SHC

Et c’est pas fini! Chaque personnage (ami comme ennemi) a en plus 3 jauges de couleur correspondant à HIT, ATK et SPEED. En même temps que vous infligez (ou recevez) des dégâts, ces jauges sont entamées et réduisent les stats d’autant. Elles handicapent sévèrement le perso touché quand elles atteignent zéro, et vider les trois signifie un KO direct! En d’autres termes, vous pouvez mettre une unité adverse KO sans même avoir à lui retirer tous ses HP, ce qui se révèlera fortement utile en fin de jeu. Vos filles disposent également de toute une batterie de skills originaux actifs et passifs qu’il faudra connaître sur le bout des doigts tant leur maîtrise est cruciale pour faire face à l’adversité. Le dénivelé est également pris en compte : s’assurer du contrôle des points hauts sera souvent l’une des clés de la victoire. Soulignons aussi que le jeu dispose d’un système de sauvegarde en cours de mission très confortable qui évite de perdre des heures d’effort pour rien. Le seul bémol du système de jeu réside dans le fait que tous les persos ne montent pas de niveau en même temps, et que certains sont de temps en temps imposés. Cela nécessite donc des petites séances de levelling en mode free mission, assez rapides dans la mesure où les miss sont valides et que l’expérience gagnée est proportionnelle à la différence de niveau.

SHCt

Sur le plan du contenu, SHC s’en sort encore plutôt bien avec deux histoires et une tonne d’embranchements qui vont modifier les persos que vous aller rencontrer et obtenir. Il est donc nécessaire de la refaire 2 ou 3 fois pour tout débloquer, enfin si vous avez le courage de refaire 63 missions, certaines parfois très longues, ce qui occupe facilement 80-100h. L’histoire est en revanche totalement décousue, j’ai décroché très vite d’autant plus que les dialogues ne sont pas souvent doublés. Le mode free talk est lui complètement doublé et plus amusant, avec des conversations en tête à tête avec les héroïnes qui reprennent très bien l’humour et l’atmosphère des séries. On regrettera très lourdement les musiques d’ascenseur qui, en combat comme dans les menus, fatiguent notoirement les tympans. Heureusement, le doublage exceptionnel rattrape un petit peu le coup.

Austère dans sa présentation et flanqué d’une histoire à dormir debout, Super Heroine Chronicle n’en est pas moins un tactical de grande qualité, et une ode magistrale aux animes de ces dernières années.

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