岡崎,暴風に逆らって (à Okazaki, contre le vent)

Okazaki panel

Ce 16 septembre comme de coutume, je sors de l’hôtel en milieu de matinée pour me rendre à la gare de Nagoya et embarquer pour ma prochaine destination.

delay

Dans une gare japonaise, on se rend immédiatement compte quand quelque chose cloche. Le hall est noir de monde, et pour cause, tous les Shinkansen sont bloqués à quai à cause du typhon 18 qui était passé sur la région pendant la nuit (je le remercie d’ailleurs chaudement d’avoir choisi ce moment). Il est environ 11h, et vous pouvez constater que le 7:02 pour Tôkyô n’est toujours pas parti. Au Japon, où les gens sont à la fois très pointilleux sur les horaires mais aussi extrêmement dépendants du train, un tel retard est une catastrophe nationale. Les agents ferroviaires sont assiégés par les clients voulant savoir ce qu’il advient de leur billet acheté 20’000 yens, certains commencent même à perdre leur calme légendaire.

delay1

Par chance, l’express pour Okazaki est parfaitement à l’heure.

Okazaki c

Une fois arrivé à la gare centrale pyramidale, force de que constater que je ne suis pas au bon endroit. Il n’y a pas un seul commerce, donc probablement pas de château non plus.

Okazaki a

Malgré le côté désertique, j’avance contre le vent ultra-puissant, héritage des intempéries de la veille. Le quartier est purement résidentiel et il n’y a guère que ce temple, qui date du 16e siècle.

Okazakijo b

Il faut donc remonter dans un train pour aller à Okazaki ouest. Le château se dresse au-dessus du paysage urbain fort modeste de de cette ville moyenne. Arrivé au sommet de celui-ci, le vent est si violent qu’il faut presque lutter pour tenir debout. Je suis bien content de n’avoir pas pris mon chapeau ce jour-là.

Okazakijo f

Le château, lui aussi modernisé de l’intérieur et transformé en musée, à une importance particulière dans la mesure où c’est le lieu de naissance de Tokugawa Ieyasu (en 1542), et le point de départ de sa glorieuse destinée. En effet, les Matsudaira (ancien nom des Tokugawa) perdent le château alors que Ieyasu est encore très jeune. Ce dernier est fait prisonnier par les Imagawa pour faire pression sur la famille vaincue. C’est dans (par?) ces difficultés que Ieyasu développe son sens politique et, après alliances et montées en grade, il reprend Okazaki en 1560 et s’y installe. Après Sekigahara, certains alliés de Ieyasu se voient accordés de larges fiefs. C’est le cas des familles Honda et Mizuno qui se succèderont jusqu’à l’abolissement de la féodalité en 1871.

La château nous conte également l’histoire d’un certain Nagao Renjirô. Avant la révolution Meiji, il apprend le kenjutsu à l’école Shindômugenryû. Son certificat en poche, il part étudie les techniques de guerre occidentales, ce qui lui vaut de devenir instructeur à Ozaki. De là, il préconise l’occidentalisation de l’armée japonaise, qui deviendra une réalité quelques années plus tard avec la direction prise par le gouvernement Meiji. Fort de son expérience, il deviendra rapidement capitaine dans la nouvelle armée.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s