Test – Ace Attorney Dual Destinies

AA 5 b

Cinq ans. Cinq longues années que Phoenix Wright n’était pas revenu à la barre pour les procès non moins barrés de la saga judiciaire Ace Attorney. Certes, son meilleur ami et rival Miles Edgeworth était venus égayer nos DS, mais une seule fois sur deux, le deuxième volet n’ayant jamais été traduit. Dans ce contexte, voir arriver Ace Attorney 5 (AA5) dans nos contrées n’est pas banal, et il ne faudrait pas louper la perche tendue par Capcom sur ce nouveau volet.

Phoenix

Tout d’abord, ce jeu est BEAU. Il est beau comme aucun jeu 3DS n’est beau et ridiculise les jeux de Nintendo lui-même sur sa propre machine. Les personnages sont tellement détaillés et bien animés qu’ils me font parfois penser au cinématiques de Fire Emblem Awakening, c’est dire. Le tout avec le génie habituel des développeurs pour nous proposer des intervenants excentriques affublés de personnalités aussi drôles qu’improbables, dont les mimiques désopilantes sont renforcées par la modélisation impeccable. En 1 mot comme en 100, AA5 est le jeu le plus beau jeu qu’il m’ait été de voir sur 3DS, de relativement loin.

AA5 court

En plus de son humour décapant, le jeu n’en est pas moins très sérieux sur ses thématiques judiciaires, ce qui également a toujours été le cas dans la série. L’ensemble des scénarii, qui sont autant d’affaires à traiter, tourne autour de ce qui est appelé «l’âge sombre de la justice». Une époque rongée par les preuves fabriquées, les accusations intempestives, et une méfiance grandissante des citoyens envers le système judiciaire. Bien que les chapitres soient distincts, une grande partie suit le fil rouge d’une même affaire, débutant par une mystérieuse explosion terroriste au cœur même du palais de justice. Initiée avec Ace Attorney 4 et reprise dans Ace Attorney Investigations, cette progression narrative donne substance certaine à l’aventure. Comme dans un bon épisode d’Arabesque, on se plaît à imaginer les futurs développements.

Surtout que AA5 est particulièrement soigné sur sa mise en scène. Si le deuxième procès semble un peu faible niveau suspense, tout le reste du jeu vous scotchera à votre 3DS comme à un bon épisode de Commissaire Maigret. Rien qu’un exemple tout bête : le début du jeu est complètement différent de la démo, afin de permettre un plaisir de découverte maximal. Les rebondissements relancent constamment la curiosité du joueur, les révélations attisent la curiosité, les thèmes musicaux vous prennent aux tripes, et je ne vous dirai évidemment rien de la fin quasi-parfaite et hyper-classe qui conclu la poursuite du dernier coupable.

Kokone a

Du côté du gameplay, AA5 est toujours le même : vous présentez les indices appropriés en temps voulu pour emporter les procès, et discutez avec les témoins lors de la partie enquête. La grosse nouveauté est la capacité d’Athena à analyser les émotions du témoin : relativement nombreuses et appréhendées de manière souvent très différentes, ces séquences sont un ajout tout à fait conséquent pour la série, bien plus intéressant que le «Logic» de Ace Attorney Investigations. En théorie, il s’agit de trouver des émotions contredisant la déposition, mais la pratique se décline de manière beaucoup plus riche et variée. Les précédents défis comme les psy-locks ou l’anneau de vérité reviennent également apporter de la variété, mais tardivement et dans une moindre mesure. On regrettera en outre que la partie enquête en soit réduit à sa plus simple expression : on ne peut examiner que 2 lieux par enquête.

Yugami

Pour ce qui est des personnages, AA5 introduit un équilibre entre les trois héros, chacun ayant «son» procès. J’apprécie particulièrement cette volonté de mettre les seconds rôles plus en avant, même si Phoenix est plus classe que jamais en 3D. Le procureur en charge, Simon Blackquill, est un antagoniste tout à fait remarquable qui fera oublier sans mal Klavier, qui à mon sens était plutôt raté. En parlant de ça, précisons que d’anciens personnages (dont Klavier et Edgeworth) font une apparition, mais relativement courte et pas toujours très adroite. Mais bon, ça fait toujours plaisir…

Seul bémol, ce nouveau volet n’échappe hélas pas à la casualisation rampante qui sévit dans le petit monde du jeu vidéo. Déjà, il n’y a plus de recherche puisque tous les points d’intérêts sont indiqués et validés par la suite. La barre de vie n’a plus de raison d’être, car le continue vous remet exactement là où vous avez perdu avec une toute neuve. Ceci enlève beaucoup à la tension des procès, d’autant plus qu’à l’instar de Professeur Layton vs Ace Attorney, les indices données sont vraiment trop directs. Comme si cela ne suffisait pas, le jeu propose une aide spéciale (que je n’ai pas utilisée) si vous vous trompez un certain nombre de fois. C’est le jeu vidéo aujourd’hui : l’utilisateur ne doit jamais être bloqué ou frustré, au détriment du challenge. Bien sûr, il reste moult endroits où le cerveau chauffe bien, mais ce n’est définitivement plus la grande époque.

Malgré cet aspect en demi-teinte, Ace Attorney 5 reste un jeu excellentissime, long (plus de 30h) et prenant. Alors oui, il faudra vaincre la peur du démat et la barrière de la langue, parce que ce sera en anglais et seulement sur l’eshop. L’effort en vaut la peine, et l’avenir de la série en occident est à ce prix.

4 réponses à “Test – Ace Attorney Dual Destinies

  1. Jolie critique que tu fais là. Ca donne très envie !
    Juste, tu y as joué en japonais ? Ou les dialogues anglais sont inclus dans la version japonaise ?

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