Test – Senran Kagura Shinobi Versus

Ryobi l

Pour resituer Senran Kagura, rappelons que cette série originaire de la 3DS est une prise de guerre de Sony, sorte de réponse à l’exclusivité (?) WiiU de Bayonetta2, puisque Shinobi Versus (SV) arrive en exclusivité sur les PSVita japonaises, et donc les vôtres. Ça n’a l’air de rien comme ça mais ça fait un bien fou d’admirer cette petite boîte après l’épisode douloureux de Bayonetta2. Mais j’en vois qui s’agitent au fond alors quittons le terrain de la polémique pour voir ce que cette suite nous réserve.

Le passage du scrolling horizontal aux aires 3D ne s’est pas fait sans douleur : il faut tout réapprendre. Déjà les boss sont maintenant super-agressifs et n’hésitent pas à vous infliger de longs combos immédiatement suivis de leur 秘伝忍法 (attaque spéciale), au point que même se relever peut parfois sembler difficile. Il est donc indispensable de maîtriser au moins la garde, et idéalement le parry. Seulement voilà ce dernier n’est pas aussi intuitif que dans un Metal Gear Rising par exemple, ce qui fait que l’esquive est souvent le meilleur moyen d’organiser sa contre-attaque. Pareil pour le lock qui nécessite de désigner l’ennemi sur l’écran tactile, car vous n’avez pas toujours le loisir de libérer une main pour ce faire. Enfin comme dans MGR, l’action va très vite et la caméra n’arrive paaaaas à suivre. On a donc un gameplay qui gagne énormément en nervosité mais perd un peu en précision.

Homura b

Il est cependant dommage que la difficulté ne suive pas. Le premier Senran Kagura se finissait hyper-facilement quand Senran Kagura Burst proposait un challenge intéressant au début du chapitre 5. SV est encore une fois assez facile pour une raison toute bête : vous gagnez de l’expérience beaucoup trop vite. La bonne nouvelle est que vous avez maintenant un mode difficile, mais il est atrocement ardu et demande de longues sessions d’XP. Le dosage est donc au final très inégal et il manque cruellement un «juste milieu» qui permettrait d’apprécier davantage l’histoire principale. Signalons que question déroulement du jeu, il y a un boss dans la quasi-totalité des missions, éventuellement précédé/assisté de sbires plus ou moins inertes. A noter qu’il y a un mode versus en ligne que je n’ai pas pris le temps de tester.

Yagyu a

Les développeurs se sont un peu lâchés au niveau de l’ecchi pour ce changement de plate-forme. En effet, en plus de fonctionnalités tactiles des plus «intéressantes» dans le menu vestiaire, vous avez maintenant 6 niveaux de déchirement des fringues des héroïnes, ceci pouvant aller jusqu’à la nudité totale. Oui, mesdames & messieurs (quoique que j’ai probablement perdu les dames à ce niveau-là du discours), votre adversaire se retrouvera à poil à la fin du combat si vous jouez bien (avec cependant du flou pour masquer les parties les plus sensibles de l’anatomie).

Ikaruga ba

Techniquement, SV montre le fossé qui existe entre les deux portables : c’est beaucoup, beaucoup plus bô et plus fluide. Le cel-shading convient à merveille et le rendu graphique est tout simplement délicieux. Les 奥義 (autre mot pour attaque spéciale) sont absolument splendides, et d’une classe… je ne m’en lasse pas. On relèvera cependant le (non)-travail sur les ombres, les décors bof et quelques ralentissements . Il n’en reste pas moins que les versions 3DS, pourtant techniquement les jeux les plus avancés sur leur support, sont relégués au rang d’ébauche grossière par ce nouvel épisode (ce qui, comprenez-moi, ne les empêche pas d’être de bons jeux). Les musiques sont assez discètes dans l’ensemble, mais certaines parviennent à marquer. Niveau contenu, SV rajoute 2 écoles pour 5 scénarios, 10 persos pour un total de 20, de nouveaux modes de jeu, les trophées et un nombre impressionnant de costumes. En gros, considérez que Shinobi Versus représente 4 à 5 fois Senran Kagura premier du nom.

Rin b

L’histoire reste dans le ton de la série avec l’habituelle juxtaposition de thèmes très sérieux et d’un humour japonais un rien basique. Les différents scénarios sont inégaux mais permettent de passer de très bons moments. On est littéralement porté par l’histoire de certains personnages, surtout que cette suite répond à beaucoup de questions restées en suspens à l’issue des épisodes 3DS (on y apprend par exemple ce qu’est un «Kagura»). Mais peu importe au fond, car le niveau de langue est toujours incroyablement élevé, avec tous un tas de mots qu’on ne voit habituellement jamais hors des bibliothèques japonaises (edit : ce n’est désormais plus un problème!)

Senran Kagura Shinobi Versus est donc bien l’épisode ultime de la série. Transcendé par la puissance de la PSVita, il profite en plus d’un contenu abondant qui le rend infiniment plus abouti que les précédents sur 3DS. Il faudra toutefois adhérer totalement à l’ambiance décalée pour passer outre les imperfections de gameplay.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s