Test – Journey

Journey a

Il n’est pas plus aisé d’appliquer à Journey les divisions traditionnelles d’un test. On ne saurait contester que celui-ci est «beau». Mais on ne fait pas appel ici à la définition technologique de ce concept, puisque les décors dépouillés ne constituent pas une performance particulière, même si l’on remarquera des textures du sable ou de la neige clairement inégalées à ce jour. Non, on est ici dans le sens philosophique du beau, au sens du sentiment qui s’imprime en nous sans avoir à se demander si c’est du 1080p natif ou du 720 upscalé.

Que dire alors du gameplay? Journey est encore une fois très épuré dans cet aspect. Pas de tutorial, ni d’options de jeu, Journey s’épargne la bla-bla inutile et va à contre-courant de cette mode qui veut que le jeu vous apprenne à jouer pendant 5 heures. Quand le jeu commence, vous êtes seuls face à l’immensité du désert. Votre voyageur n’a pour toute action que sauter (et encore, pas toujours) et communiquer par un étrange et unique glyphe que même 10 ans d’égyptologie ne vous permettront pas de comprendre. A vous de vous débrouillez avec ça… Mais en général, on se débrouille très bien, car le gameplay ne réserve pas de réelle subtilité, ce qui est dommage. Même l’entraide entre joueurs dans le cas où un compagnon vient se joindre à vous ne semble pas apporter beaucoup, puisque tout est faisable seul. Il est somme toute très court, bien qu’il propose une rejouabilité certaine à travers les trophées qui vous feront le ré-explorer avec un oeil nouveau.

La musique et le son sont tout aussi discrets, mais renforcent puissamment la narration. Celle-ci est assez floue, car il n’y a pas un mot, et donc pas davantage de scénario. Récit purement graphique et musical, il rappelle beaucoup le vieux film de Disney, Fantasia. Malgré tout cela, la magie fonctionne à 100% et Journey émerveille de bout en bout. Seulement, je ne saurais vous dire pourquoi : ce n’est pas démontrable. Je ne dirais pas que c’est le jeu de l’année, car je n’arrive pas à le considérer comme tel. Il faut donc sortir du cadre traditionnel : pas vraiment un film, ni totalement un jeu, pas plus qu’une peinture, Journey navigue en permanence dans le triangle des Bermudes de ces trois disciplines.

Je saurais pas évaluer objectivement Journey. J’ai un attachement trop personnel à ce conte solitaire à la direction artistique exceptionnelle. Votre voyageur avance inlassablement, bravant les éléments pour atteindre une montagne émettant une lumière divine. Pourquoi, nul ne le sait. Je ne saurais davantage le dire maintenant, après avoir vu les crédits de fin. Pourtant, quelque chose me pousse à continuer. La montagne se dresse comme la quête sans fin d’un sens qui m’échappe en permanence dans ma propre vie de solitude. Journey n’est finalement qu’une allégorie de l’histoire que l’on se raconte à soi-même. Ceux qui l’ont déjà écrite le trouveront certainement vide.

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