時と絵 (estampes et horloges)

Ce matin à Matsumoto, il ne fait «que» 33°C. Cela nous laisse une chance d’arriver en vie à l’Ukiyo-e Museum, le musée des estampes régional. Seulement, arrivé à Ooniwa, les portes du train ne s’ouvrent pas et celui-ci repart tranquillement. Il faut en fait aller en queue de wagon, appuyer sur le bouton de descente, et montrer son billet au contrôleur, qui ne manque pas de me demander 90 yens pour la station supplémentaire.

Nous voilà perdus dans la lande, avec une gourde déjà vide, une Vita à plat et les Calorie Mate oubliés dans le frigo… Pour ne rien arranger, il n’y a qu’une voie et le train ne reviendra pas dans l’autre sens avant une bonne heure. Il faut donc remonter la nationale en sens inverse, ce qui, par 33°C, est toujours très drôle…

Peu importe, la marche est bonne pour la santé, et permet de découvrir des endroits singuliers, comme ce temple perdu dans la forêt.

Au musée, c’est pas franchement la foule. Un doute m’envahit alors… mais non, le musée est bien ouvert. C’est juste qu’à Matsumoto, les estampes, tout le monde s’en fout. Il faut dire que la collection est plutôt moyenne, avec un plus un certain nombre de copies. En revanche, la vidéo explicative sur la méthode de création des oeuvres était passionnante.

L’artiste ne peint jamais une estampe. Il réalise la forme générale du dessin et les couleurs choisies et confie à un artisan-graveur le soin de réaliser les plaques de bois avec les traits nécessaires gravés dessus. L’artisan constitue l’œuvre en appliquant une pression régulière sur une feuille de papier posée sur la gravure en bois. Après autant d’opérations qu’il y a de couleurs, l’estampe est achevée.

Enrichi de cette découverte, je me mais en quête d’un moyen de rejoindre la civilisation. Cela sera moins dur que prévu : en suivant la voie, je tomberai certainement sur une gare ou quelque chose qui y ressemble. Par chance, le train arrive immédiatement. Je saute dedans sans réfléchir, et me rends compte que je suis sans ticket. Le système est aussi faillible que complexe : les billets ne sont pas vendus en rase campagne et il faut prendre un ticket en montant pour indiquer sa gare de départ.. Il est donc totalement possible de gruger en prenant un ticket juste avant le terminus (ce dont je ne me suis pas privé pour me venger de l’aller calamiteux). De toute manière, une fois arrivé à Matsumoto, toutes les portes s’ouvrent et personne ne me demande de redevance.

Direction ensuite le musée de l’horlogerie qui, par bonheur, est à 20 mètres de l’hôtel. Pour ceux qui se demanderaient pourquoi un tel musée se trouve à Matsumoto, il faut savoir que la ville est jumelée avec Grindlewald en Suisse (personnellement ça m’évoque plutôt ce mage que Dumbledore à vaincu en 1945…). Bref, on s’en fiche! C’est juste histoire de voir de belles horloges, car j’adore les horloges. En dehors de splendides horloges de grand-mère ou à coucou, le musée est l’occasion de découvrir des horloges japonaises particulièrement barges (cf ci-dessus), utilisées avant l’arrivée du comptage occidental. Avant le révolution Meiji, au Japon, on comptait en kokus et non en heures. Le jour et la nuit étaient divisées en 6 kokus chacun. Le koku correspond donc à 2 heures modernes (et non une demi-heure comme indiqué dans le tome 27 de Kenshin) mais à l’inconvénient de ne pas pas tenir compte des saisons : les kokus de jour sont donc plus longs en été qu’en hiver, où plus exactement il faudrait retirer un koku de nuit durant l’été pour l’affecter au jour!

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