Après 27 ans de publication, le magazine ゲーマガ (Gamerga) s’arrête

Curieusement, lorsque que l’on s’attache à une chose (ou à une personne), on se persuade naturellement qu’elle est éternelle, qu’elle ne nous quittera jamais. C’est là que la réalité éphémère de l’existence, cruelle et implacable, vous inflige un démenti cinglant, ne laissant guère qu’un sentiment mêlé d’affliction et de nostalgie…

Vous vous en souvenez peut-être, j’ai connu ゲーマガ par une alléchante couverture de Hyperdimension Neptune Mk2. Je fut immédiatement séduit par le contenu du mensuel, qui, des plus obscurs jeux de drague aux plus grands RPGs, ressemblait l’essentiel des infos indispensables aux otakus. Alors bien sûr, je ne lisais ゲーマガ que depuis quelques mois, mais de la découverte des nouveautés à sortir au Japon et ignorés en occident, en passant par les jeux 18+ innocemment présentés comme le dernier shônen à la mode, la lecture de ゲーマガ est très vite devenue un plaisir irremplaçable de la vie parisienne. Combien de jeux merveilleux ai-je découverts dans ces pages? Combien de magnifiques artworks ai-je admirés? A combien de juteuses et exclusives informations ai-je pu avoir accès? Combien de mots et de kanjis appris dans ces textes?

Du coup, lorsque le libraire m’annonça qu’ils ne le recevraient plus après avril, je le regardai avec une incrédulité polie. Qu’à cela ne tienne, je n’aurai qu’à faire une commande! Hélas, en feuilletant le magazine d’avril, mon esprit fut interloqué par une page concernant Compile Heart avec en gros inscrit «Merci Gamerga». Mon cœur s’arrête net. Revenant à toute vitesse sur la couverture, l’effroyable vérité s’impose alors à moi : le magazine titre en effet «sayonara Gamerga».

Ironie du sort, ゲーマガ et moi sommes nés la même année, en 1984. Le magazine paraît pour la première fois sous le nom de «Beep» comme une magazine généraliste traitant des premiers jeux vidéos, avant d’être consacré pendant une longue partie de son histoire aux consoles Sega. Ce n’est qu’en 2001 que ゲーマガ trouve sa formule actuelle.

ゲーマガ est mort, moi je continue. Trouver un magazine susceptible de lui succéder ne sera pas chose facile, tant je me reconnaissais dans ゲーマガ comme dans un miroir. Condamné à rechercher un improbable substitut, mes déambulations dans les librairies japonaises auront probablement un goût amer cette année…

有難うゲーマガ!

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