Trophées & succès : grandeur ou décadence du jeu vidéo?

Les succès sont apparus avec la Xbox360. Sony a emboité le pas en 2008 avec les trophées. Sorte de jeu dans le jeu, succès et trophées vous proposent de relever certains défis in-game afin d’obtenir des récompenses à partager avec la communauté.

Les trophées font désormais partie intégrante de l’industrie du jeu vidéo : aucun jeu ne peut être développé sur X360, PS3 ou PSVita sans qu’il en comporte. Même avant l’introduction des trophées, certains jeux PS3 comme Soulcalibur IV ou Metal Gear Solid 4 avaient intégrés une liste de succès dans le jeu (ce qui m’a bien dégoûté, vu que je les ai tous dans SCIV…). Même Nintendo, toujours très critique vis-à-vis de ce système, a inclus des succès déguisés dans le Mii Plaza de la 3DS. De plus, certains jeux Wii comme Xenoblade ont une liste interne de succès.

Le premier point intéressant des trophées/succès, c’est leur aspect social. Il suffit de voir la prolifération des trophycards sur les forums spécialisés pour s’en convaincre : les trophées sont un moyens pour les joueurs de rivaliser entre eux et de se comparer selon des critères objectifs, où d’afficher leur attachement pour leurs jeux préférés. L’esprit de compétition étant ce qu’il est, ça fait toujours plaisir de partager ses exploits.

Le deuxième avantage des trophées est qu’ils permettent de prolonger l’expérience de jeu, car certains défis allongent la durée de vie des jeux. C’est le cas des FPS par exemple, dans lesquels la replay value est grandement améliorée. Cependant, cela marche aussi dans l’autre sens. Je m’explique : auparavant, je finissais tous mes RPGs à de bout en bout, jusqu’à obtenir la dernière arme ou armure secrète. Aujourd’hui, j’ai tendance à me focaliser sur les trophées, sans forcément explorer le jeu à fond. En somme, au lieu de me laisser porter par l’histoire, j’ai tendance à suivre obsessionnellement le fil des trophées.

D’autant que certains défis frisent le ridicule : 100 attaques surprises de suite dans FFXIII-2, 10 000 ennemis à battre avec chaque arme dans Ninja Gaiden 2, gagner 1’000’000 de points dans Trinity Universe, sans compter les trophées qui nécessitent plusieurs parties ou encore Arcana Heart 3, dont les trophées repoussent les limites des capacités humaines. Si l’on est un peu accroc, on peut passer toute sa vie sur quelques platines. On va en outre tourner en rond à refaire 100 fois les mêmes actions, y compris dans des jeux qui appellent à davantage de profondeur.

Comme l’alcool, les trophées doivent donc être consommés avec modération, et non donner lieu à une course à l’échalote bling-bling. Sur PS3trophies.com, certains ont plus de platines que j’ai moi-même de jeux : moi qui considère déjà que je joue beaucoup, j’ose à peine imaginer comment ils vivent ‘0_0 (y compris leur vie de joueur). J’aime les trophées, car ils m’apportent une satisfaction certaine. Mais cela n’est vrai que lorsqu’ils ne dénaturent pas le jeu et qu’ils ne découragent pas par leur difficulté. S’il est légitime d’inclure des trophées particulièrement corsés pour les plus hardcore, il est inquiétant de voir certains développeurs se livrer au concours lépine des trophées les plus fous. Pour être populaires, les trophées (au moins la plupart) doivent rester accessibles et ne pas être en décalage avec le reste du jeu. Souhaitons donc qu’ils en soit ainsi, et en ce faisant ils prolongeront agréablement l’expérience de jeu.

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