Atterrissage en catastrophe pour Gran Turismo 5

Très (très) attendu après cinq longues années de développement, c’est sous le feu des critiques qu’est sorti Gran Turismo 5, le 24 novembre dernier. C’est jeuxvideo.com qui a entamé les hostilités en flanquant au jeu un cinglant 14/20. Le site a été immédiatement submergé d’un flot continu d’insultes et de protestations de pro-S échaudés par l’affront fait à leur champion. La situation avait tellement dégénéré que le jv.com s’est senti obligé de mettre en ligne 6 gaming live pour justifier sa note. Peine perdue : ces gaming live, loin de venir contrebalancer la parodie de test sus-mentionnée, se sont révélés être un pilonnage en règle du soft de Polyphony. En insistant lourdement sur les défauts et en minimisant allègrement les qualités, jv.com inaugure la plus triste page de son histoire, celle ou ils auront perdu toute crédibilité pour ce qui est des tests. Jeuxvideo.fr et Gamekult n’attendaient évidemment que cela pour embrayer avec des 7/10 qui sentent bon la frilosité du web-journaliste qui n’aime pas se mouiller… Jeuxactu est en revanche parvenu à une conclusion moins négative avec 16/20 au final. Bien que leur test soit de loin le mieux écrit, là encore, la volonté de brosser les fans de GT dans le sens du poil se fait sentir. Au moins Rivaol (ndlr le testeur de jv.com) a eu les c**** de donner son avis, aussi inopportun soit-il, avant tout ces suiveurs en quête de nouveaux lecteurs.

Mais alors qu’en est-il? Les boutiques de jeux seront-elles floodées par les GT5 d’occasion autant que jv.com par les injures? Vous l’aurez déjà compris, je suis plutôt de ceux qui soutiennent GT5 (en même tant comment pourrait-il en être autrement? Je m’éclate dessus depuis plus d’un mois), je tiens donc a répondre à tel déballage de mauvaise foi en présentant les qualités jeu, que peu d’observateurs ont pris la peine de relever. Mais avant cela, je vais être sport et concéder plusieurs points aux détracteurs de GT5.

Oui, l’IA est nulle. Le jeu mérite clairement un zéro pointé à ce sujet. Les adversaires suivent leurs trajectoires comme des automates et ne tentent jamais des intérieurs ou des extérieurs. Si vous avez le malheur de freiner un peu avant eux (ce qui n’arrive jamais car ils freinent 3 fois trop tôt), cela se terminera inévitablement en collision entre votre arrière-droit et la voiture de derrière, ce qui ne manquera pas de vous faire partir en tête-à-queue… et de vous obliger à recommencer votre course!

Je reste partagé sur le mode B-Spec, je le trouve assez bien foutu car la gestion de course est assez prenante. Même avec une caisse bien supérieure à la concurrence, votre pilote ne va pas forcement survoler la course car il cherchera toujours à doubler ‘réglo’. Or son stress monte très rapidement lorsqu’il reste dans le peloton, d’où la nécessité de jongler en permanence entre decrease, increase et overtake. Le seul truc embêtant, c’est que les championnats sont aussi nombreux que ceux dans lesquels le joueur conduit, et surtout les courses sont très longues (2 a 3 tours de plus qu’en A-Spec). Ce mode est donc trop développé au détriment du mode A-Spec qui n’offre au final pas pléthore de défis…

Pour ce qui est de la réalisation, j’ai cru remarquer que certains circuits ‘de campagne’ avait des décors assez pauvres (sans parler des arbres qui sont toujours modélisés comme dans GT1) à l’inverse des courses en ville qui fourmillent d’éléments à la réalisation irréprochable. Il faut en tous cas reconnaître que le jeu est très (mais alors très) aliasé, problème qui date pourtant de la PS2 et qui aurait du être au moins un peu circonscrit depuis le temps. Une chose reste sûre, la modélisation des véhicules ne souffre aucun défaut et ne suscitera aucun débat.

C’était tout pour les défauts. On pourrait ajouter la difficulté inhumaine de certaines épreuves, ou bien le prix excessivement élevé de certains modèles, mais ca serait chipoter pour pas grand chose. Maintenant, lisez lentement la phrase qui suit : le jeu contient 1031 voitures. MILLE TRENTE ET UNE! Je ne sais pas si vous êtes déjà arrivés à 1031 en comptant les moutons avant de vous endormir, mais perso je m’endors a 17 (car je joue à GT5 jusque très tard). Imaginez donc que vous devez acheter le même nombre de voitures : à raison d’une par jour, il faudrait environ 3 ans. Sauf qu’à 20’000’000 de crédits, acquérir la Ferrari 330 P4 67′ vous prendra environ 2 ou 3 semaines!

Du côté graphique, comme je l’ai dit plus haut, la claque n’est pas là. Mais honnêtement, plus je joue, plus je trouve que le jeu est beau. En fait, si le in game ne paraît pas fabuleux , c’est qu’il faut juger la beauté du titre à travers les replays et l’excellent mode photo. Car oui, toutes les images de ce post proviennent de mes propres courses, immortalisées grâce à ce même mode photo! Avouez que ca en jette… Le jeu vous permet de photographier votre moyen de locomotion sous une infinité d’angles et de les partager ensuite avec la communauté. Vous aussi pouvez mettre des effets (sepia, monochrome, hyper-monochrome, etc.) pour donner un look rétro à vos clichés. En fait, les possibilités sont si nombreuses qu’on passerait presque plus de temps à la recherche du cliché parfait qu’en course…

Que dire de la durée de vie, sinon qu’elle est gigantesque, gargantuesque, colossale ou tout autre adjectif soulignant quelque chose d’immense? Bien sur, vous n’achèterez pas les 1031 voitures, mais rien que la quête de vos bolides favoris sera longue. En plus de baver chaque jour devant les vitrines des concessionnaires, la visite de la boutique d’occasion est un plaisir sans cesse renouvelé : il ne se passe pas un jour sans qu’apparaisse au moins un modèle vous convoitez. D’autant que le challenge derrière est considérable : plus question de laisser les adversaires loin dans votre rétroviseur avec une Nismo Race Car achetée à la sauvette! Premièrement, la grande majorité des courses sont règlementées (pays, date de sortie du véhicule, puissance, etc.), donc il va falloir économiser (et bien piloter!) si vous voulez arracher un podium. Deuxièmement, les permis et les évènements spéciaux sont de la simu pure et dure : une touchette, une sortie de route et vous êtes disqualifiés! Ce système, qui est frustrant dans un sens, n’en est que plus gratifiant lorsque vous êtes remontés de la 16e a la 5e place sous la menace constante d’une élimination.

Venons-en à la bande-son, peu évoquée dans la presse si ce n’est par Vgchartz qui l’a hissée en runner-up. Méprisée par Rivaol, il est pourtant incontestable qu’elle répond à tous les goûts : de la dance au classique, il y aura toujours quelques morceaux pour dynamiser vos courses. Le rallye et le kart sont, dans le même esprit, un ajout appréciable. Sans être la tuerie annoncée, ces deux types d’épreuves n’en représentent pas moins une excellente alternative aux courses classiques. Contrairement à ce qui a été dit, la physique des karts n’a absolument rien à voir avec celle de bagnoles pesant plus d’une tonne. Le rallye à lui aussi fait d’immense progrès depuis Gran Turismo 3 : les épreuves se déroulent désormais en spéciales, pour un réalisme maximal. Les sensations, toujours aussi bonnes, sont mises en exergue dans le mode drift, que les perfectionnistes feront jusqu’à avoir le trophée (pas donné) correspondant.

Le mode drift trouve un prolongement supplémentaire dans le mode online, où sont organises des événements saisonniers : Contre la Montre, Course et Drift. Autant dire que pour figurer dans les meilleurs mondiaux, il faut se lever de bonne heure! Les courses online en elles-mêmes relèvent d’une organisation un rien kafkaïenne : accéder a un salon prend un temps fou, et en sortir vous ramène au mode GT life, ce qui vous fait tout recommencer… Ceci dit, si vous tombez d’entrée dans un bon salon, tout est fait à la perfection. Le règles d’abord, peuvent être extrêmement strictes : dégâts maximaux + pénalités maximales = course perdue à la première sortie de piste. Les critiques quant au réalisme ne s’appliquent donc pas en multi. De plus, le système d’essais libres + le chat absolument excellent parachèvent une architecture clairement inégalée sur PS3.

Pourtant, GT5 ne fait pas que des heureux. En plus de Rivaol, les grands pontes d’Electronic Arts ne semblent pas vraiment emballés par GT5, le qualifiant de « collection de voitures soporifique ». Il est vrai que EA a aussi un jeu de voitures à vendre : le non moins remarquable NFS Hot Pursuit. Seulement, il se trouve que la collection de voitures a d’ores et déjà réuni quatre fois plus de joueurs que NFSHP. On ne saurait donc que trop conseiller à EA de ravaler leur orgueil et rentrer chez eux modéliser quelques centaines de voitures supplémentaires!

Difficile de clôturer un test de GT5 sans parler de Forza Motorsports 3. Je n’en ferai pourtant rien car je ne connais pas Forza. J’accepte donc l’idée que Forza puisse être meilleur que GT5, bien que je doute qu’il ait du kart, du rallye et un online aussi prenant. Mais en fait, il n’est même pas certain que FM3 et GT5 entrent en concurrence frontale : FM3 peut très bien être la meilleure simulation auto, GT5 est  tout simplement le meilleur jeu qui existe pour les amateurs de voitures.

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